À Conakry, la justice des mineurs ouvre une enquête après une vidéo jugée choquante

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Le Parquet spécial près le Tribunal pour enfants de Conakry a décidé d’engager des poursuites à la suite de la diffusion massive d’une vidéo montrant plusieurs jeunes filles, présentées comme élèves d’un établissement scolaire de la capitale guinéenne. La séquence, devenue virale sur les réseaux sociaux, a suscité une vive réaction des autorités judiciaires. Dans une réquisition adressée au Commandant du Service Central de Protection des Personnes Vulnérables (SCPPV), le procureur spécial du Tribunal pour enfants, le Dr Cé Avis Gamy, qualifie les faits de « particulièrement graves ».

Selon lui, les propos entendus dans la vidéo portent atteinte « aux bonnes mœurs, à la morale publique et aux valeurs fondamentales du système éducatif ». Leur large diffusion sur des plateformes telles que Facebook, Instagram et WhatsApp aurait, d’après le magistrat, nui à l’image et à l’honneur de l’institution scolaire.

Le parquet estime que les faits pourraient recevoir une qualification pénale au regard des textes en vigueur, notamment le Code pénal, le Code de l’enfant et les lois relatives à la cybersécurité et à la lutte contre la cybercriminalité.

 

Ci-dessous le communique du parquet spécial

 

 

Face à l’ampleur de la circulation de la vidéo et à la sensibilité du dossier, l’ouverture d’une enquête a été jugée indispensable et urgente. Celle-ci devra permettre :

D’identifier formellement les auteures des propos incriminés ;

de déterminer les conditions dans lesquelles la vidéo a été réalisée et diffusée ;

D’établir d’éventuelles responsabilités, qu’il s’agisse des parents ou tuteurs légaux, voire des responsables de l’établissement concerné.

S’appuyant sur l’article 47 du Code de procédure pénale, le procureur a instruit les services compétents de mener toutes les investigations nécessaires avec diligence et de lui transmettre rapidement leurs conclusions, en vue d’éventuelles poursuites.

Dans son courrier, le magistrat insiste sur la nécessité de préserver l’ordre public, de protéger les mineurs et de défendre les valeurs morales et éducatives.

Au-delà du cas d’espèce, cette affaire remet au premier plan la question de la responsabilité des mineurs à l’ère du numérique, ainsi que celle du rôle des familles et des écoles face aux usages parfois problématiques des réseaux sociaux. Les résultats de l’enquête devraient permettre de clarifier les faits et de préciser les suites judiciaires réservées à ce dossier sensible.

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

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