Abus de confiance : un greffier réclame plusieurs milliards de francs guinéens à l’ex-président de la Cour constitutionnelle

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Après Mohamed Lamine Bangoura, ex-président de la Cour constitutionnelle, c’est au tour de Lanciné Kanko Kourouma, greffier de ladite institution, d’être auditionné par la Chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

Devant cette juridiction, ce lundi 30 mars 2026, il a réclamé plus de deux (2) milliards de francs guinéens à Mohamed Lamine Bangoura et à trois autres prévenus. Selon le plaignant, ce dernier et ses coaccusés auraient refusé de lui verser son salaire fixé par décret, en raison de son supposé soutien à feu Kelefa Sall, président évincé de la Cour constitutionnelle.

Il explique qu’avant la signature de ce décret, il percevait un salaire de 3 millions de francs guinéens.

« Étant donné qu’il s’agissait d’une institution nouvellement créée, le premier président (Kelefa) avait élaboré un schéma de rémunération. À l’époque, en tant que greffier, je percevais un salaire de 3 millions de francs guinéens. Par la suite, en 2017, un décret a été signé par le président de la République d’alors, fixant la rémunération des membres de la Cour constitutionnelle, y compris celle du greffier, à compter de l’installation de la Cour. Dans ce document, il était prévu que le greffier perçoive 16 millions 500 mille francs guinéens, et le greffier en chef 25 millions 500 mille francs guinéens », a-t-il expliqué.

Selon ses déclarations, Mohamed Lamine Bangoura se serait opposé à l’application de cette décision. Malgré plusieurs réclamations, il n’aurait pas changé de position, même après des tentatives de médiation impliquant des proches du régime d’alors.

Le plaignant affirme également que la seule augmentation qu’il a connue remonte à 2019, lorsqu’il a été désigné greffier en chef par intérim, à la suite du décès de son prédécesseur, André Camara. Son salaire est alors passé de 3 à 8 millions de francs guinéens, soit une augmentation de 5 millions.

Lanciné Kanko Kourouma révèle par ailleurs avoir subi cette « injustice » à la suite d’un échange de courriers entre Mohamed Lamine Bangoura et le greffier en chef d’alors,  André Camara. Ces courriers portaient sur la non-expédition de l’arrêt de destitution de feu Kelefa Sall.

Il rapporte que « ni le greffier en chef André Camara, ni ses suppléants n’ont assisté à l’audience sanctionnée par cet arrêt de destitution. André Camara a donc indiqué qu’il ne pouvait pas expédier un arrêt pour lequel il n’avait pas assisté à l’audience ».

Par ailleurs, le plaignant a indiqué à la Cour que cette situation lui a causé un choc psychologique, l’ayant conduit à séjourner au service de psychiatrie de Donka. Il affirme avoir appris, au même moment, le décès de son père, mécontent de lui. Ce dernier aurait été informé qu’il percevait un salaire conséquent et menait une vie aisée à Conakry, sans que cela ne se répercute sur les conditions de vie de la famille restée au village.

C’est dans ce contexte que l’audience a été renvoyée au 1er avril pour la suite des débats. La Cour a notamment ordonné la communication des relevés de comptes de la Cour constitutionnelle, couvrant la période d’octobre 2018 à septembre 2021, par la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), ainsi que la fourniture des relevés bancaires du prévenu Sidiki Sylla par la banque UBA.

 

Par ODD, pour Judicialex-gn.org

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