Affaire Ibrahima Kourouma : la CRIEF ordonne la production des références de deux comptes bancaires

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LeRenifleur Judicalex Guinée 13/01/2026

Après plusieurs renvois dus à l’« incomplétude » de la composition de la Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), le procès d’Ibrahima Kourouma a finalement repris ce mardi 13 janvier 2025. L’ancien ministre est poursuivi devant cette juridiction pour des faits présumés de détournement de deniers publics et d’enrichissement illicite, portant respectivement sur un montant de 612 milliards 520 millions de francs guinéens et 12 millions de dollars américains.

Interrogé sur ces accusations, l’ancien ministre du régime d’Alpha Condé a nié en bloc les faits qui lui sont reprochés. À l’audience de ce jour, il a été confronté par l’Agent judiciaire de l’État (AJE) à un rapport de l’Inspection générale d’État incriminant sa gestion des fonds publics durant son passage au ministère. Toutefois, Ibrahima Kourouma a contesté ce rapport, dénonçant notamment l’absence du principe du contradictoire.

« Je n’ai jamais été mis en demeure pour justifier ce montant durant cette période. Si cela avait été le cas, Monsieur le Président, je ne serais pas ici », a-t-il soutenu.

Interrogé sur l’origine de sa fortune, Ibrahima Kourouma a expliqué être propriétaire d’une pharmacie depuis 18 ans, activité qui lui génère des revenus. Il a également rappelé avoir été ministre pendant 10 ans et 6 mois, avec un salaire mensuel variant entre 7 millions et 10 millions 500 mille francs guinéens, en plus des avantages liés à sa fonction.

Alors que l’AJE a souhaité procéder à un audit de sa pharmacie couvrant la période durant laquelle il était membre du gouvernement, le prévenu a qualifié cette démarche de « non-sens ». En revanche, il a produit un document issu d’une expertise qu’il a lui-même commanditée, visant à établir la situation financière de ladite pharmacie.

Concernant la parcelle située à Lambanyi, qu’il déclare avoir acquise auprès de son frère, l’avocat de l’État a demandé davantage de clarification. Dans ce cadre, la Cour a ordonné au prévenu de produire le titre de propriété. Par la même ordonnance, il a également été enjoint à Ibrahima Kourouma de déposer les références de ses comptes bancaires domiciliés à la VISTAGUI et à Ecobank.

Aux côtés de l’ancien ministre de l’Éducation comparaissait également Mohamed V. Sankhon, ancien directeur administratif et financier (DAF) du même département. Contrairement à Ibrahima Kourouma, aucune question ne lui a été adressée par les parties lors de cette audience.

L’affaire a ainsi été renvoyée au 20 janvier prochain.

Il convient de rappeler que Mohamed V. Sankhon avait été relaxé par la chambre de jugement de la CRIEF pour délit non constitué. En revanche, Ibrahima Kourouma avait été condamné, lors du verdict rendu le 14 mai 2025, à quatre (4) ans de prison ferme, au paiement d’une amende de trois (3) milliards de francs guinéens, ainsi qu’à la confiscation au profit de l’État de plusieurs de ses biens immobiliers. Sur le plan civil, il avait également été condamné à verser à l’État guinéen la somme de cinq (5) milliards de francs guinéens à titre de dommages-intérêts.

 

 

Par ODD, pour judicalex-gn.org

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