Clôture de l’exercice 2025 : l’Agence judiciaire de l’État dresse le bilan de sa gestion

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LeRenifleur Judicalex Guinée 23/12/2025

Comme à l’accoutumée, l’Agence judiciaire de l’État (AJE) a présenté, à la fin de l’exercice budgétaire 2025, le bilan de ses activités au cours d’une conférence de presse tenue à Conakry. Une démarche qui s’inscrit dans une dynamique de transparence et de redevabilité vis-à-vis de l’opinion publique.

Prenant la parole, Me Mohamed Sampil a rappelé le rôle central de son institution dans la défense des intérêts de l’État guinéen, notamment à travers la récupération des domaines spoliés. Selon lui, ces résultats sont le fruit des victoires judiciaires obtenues par l’agence, soutenues par une volonté politique affirmée au sommet de l’État.

« Grâce à la volonté politique du président de la République pour la mobilisation des ressources internes, la récupération des biens spoliés de l’État et sa détermination sans faille contre l’impunité, plusieurs actions majeures ont été menées », a-t-il déclaré.

Parmi les affaires emblématiques citées figurent les litiges opposant l’État guinéen à plusieurs personnalités et entités, notamment concernant le domaine de Sonfonia-Lac, l’ancienne ferme agricole de Kaporo, le complexe immobilier Résidence 2000, le domaine de la minière, celui de Dixinn, ainsi que la cité administrative de Donka. Ces dossiers ont permis à l’État de reprendre possession de biens considérés comme indûment occupés.

Dans un contexte marqué par la volonté de moraliser la vie publique, l’Agence judiciaire de l’État a également procédé à d’importants recouvrements financiers. À ce titre, plusieurs milliards de francs guinéens ont été mobilisés au profit du Trésor public, traduisant l’engagement des autorités dans la lutte contre l’impunité et pour une meilleure gestion des ressources publiques.

L’AJE a ainsi annoncé avoir recouvré, pour le compte des entités l’ayant saisie, un montant total de 12 790 366 787 francs guinéens, 1 109 292,08 euros et 1 239 474,03 dollars américains, contribuant de manière significative à l’accroissement des recettes de l’État.

S’agissant des dossiers en cours devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), l’agent judiciaire de l’État a apporté des précisions, notamment sur les affaires impliquant d’anciens hauts responsables. Des décisions de première instance ont été rendues en faveur de l’État dans plusieurs dossiers, dont ceux concernant Kassory Fofana, Mohamed Diané, Oyé Guilavogui, Ibrahima Kourouma, Amadou Damaro Camara, Ibrahima Chérif Bah et Mamadou Saïdou Baldé.

Toutefois, ces décisions ayant fait l’objet d’appels, les procédures restent pendantes devant la cour d’appel.

« À date, nous ne pouvons rien confisquer ni recouvrer contre ces personnes », a précisé l’ancien bâtonnier, à l’exception du cas de Mohamed Diané, pour lequel la CRIEF a ordonné une exécution provisoire portant sur le quart des dommages et intérêts, soit 125 milliards de francs guinéens sur un montant total de 500 milliards.

Malgré ces avancées notables, l’Agence judiciaire de l’État entend renforcer son dispositif afin de mieux garantir les intérêts de l’État devant les juridictions nationales et les instances arbitrales. Une orientation qui s’inscrit pleinement dans l’engagement du gouvernement à lutter contre les détournements de fonds publics et les pratiques assimilées.

 

Par Thierno Younoussa Bah, pour Judicalex-gn.org

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