Coups et blessures volontaires et abandon de famille : un officier des douanes poursuivi par son épouse, qui réclame 500 millions de GNF

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LeRenifleur Judicalex Guinée 16/01/2026

C’est l’épilogue d’une brouille conjugale de trois ans qui est attendu le 28 janvier 2026. Le tribunal correctionnel de Dixinn rendra sa décision à cette date dans l’affaire opposant Abdoulaye Camara à M’Mah Hawa Soumah. Cette dernière poursuit son époux pour coups et blessures volontaires et abandon de famille.

Elle réclame, à cet effet, 500 millions de francs guinéens en réparation du préjudice subi. Cette demande a été formulée devant le tribunal par son avocat au cours de ses plaidoiries.

« Le prévenu ici présent est le mari de la victime. Époux légalement mariés, ils ont eu une dispute. Lors des débats, Monsieur Camara a expliqué les faits à sa manière. Il a fallu l’intervention de la partie civile pour qu’il soit recadré. Lecture lui a été faite d’un passage de son audition : *je pense que si je dis que je n’ai pas porté la main sur M’Mah Hawa Soumah, j’aurais menti, mais les photos que je vois là, non*. Monsieur le président, le colonel ici présent a même tenté de l’étrangler. Elle est restée assise pendant que les coups pleuvaient de tous côtés. Aujourd’hui, Madame M’Mah Hawa Soumah souffre de troubles à la tête qu’elle soigne malheureusement à ses propres frais », a fait remarquer l’avocat.

Abordant la seconde infraction reprochée au colonel des douanes Abdoulaye Camara, l’avocat a soutenu que sa cliente est également victime d’un abandon de famille. « M. Abdoulaye Camara a cadenassé l’appartement dans lequel Madame M’Mah Hawa Soumah vivait. Elle est mariée et ne se trouve pas chez ses parents. C’est dire que la partie civile a subi et continue de subir », a-t-il regretté avant de solliciter réparation.

« Nous vous demandons de recevoir Madame M’Mah Hawa Soumah en sa constitution de partie civile et de lui accorder 500 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts pour la réparation du préjudice subi », a plaidé Me Mohamed Damantang Camara.

Ces plaidoiries ont été suivies des réquisitions du ministère public. À l’entame, Mamadou Yaya Fatoumata Boiro a souligné que des différends peuvent exister dans tout couple.

« Mais nous ne sommes pas ici pour parler de leurs disputes, nous sommes là pour apprécier les conséquences des agissements d’Abdoulaye Camara », a-t-il déclaré.

S’appuyant sur le rapport médico-légal, il a estimé qu’il y a bel et bien eu des coups et blessures volontaires de la part du colonel Abdoulaye Camara sur son épouse M’Mah Hawa Soumah. Pour cette raison, le magistrat a requis que le prévenu soit retenu dans les liens de la prévention pour cette infraction.

En revanche, ne se déclarant pas convaincu de l’infraction d’abandon de famille, le procureur a demandé la relaxe du prévenu sur ce point.

Concernant la demande de réparation du préjudice formulée par la partie civile, à hauteur de 500 millions de francs guinéens, Mamadou Yaya Fatoumata Boiro a requis du tribunal d’y faire droit.

Pour sa part, l’avocat de la défense a réitéré son rejet catégorique des faits de coups et blessures volontaires ainsi que d’abandon de famille reprochés à son client.

D’abord, il a contesté le rapport médico-légal, estimant que le document ne comporte ni cachet ni numéro d’identification.

« Mieux, Monsieur le président, ce rapport ne mentionne pas qu’Abdoulaye Camara est l’auteur des coups et blessures », a-t-il déclaré, plaidant ainsi la relaxe de son client.

Ensuite, concernant l’accusation d’abandon de famille, l’avocat de la défense a soutenu qu’il existe une séparation de corps entre Abdoulaye Camara et M’Mah Hawa Soumah, consécutive à une décision de justice.

 « Il y a une ordonnance de non-conciliation rendue par la justice, qui a même ordonné à la dame d’aller récupérer ses effets personnels », a-t-il affirmé, demandant la relaxe pure et simple de son client.

À l’issue des plaidoiries et des réquisitions, le prévenu a été appelé à la barre pour son dernier mot. « De 2023 à 2025, on porte plainte. Trop, c’est trop. Je me suis résigné à ne jamais porter la main sur cette femme. Je n’ai jamais abandonné ma famille. Tout cela est faux, archi faux », a conclu Abdoulaye Camara.

Après avoir entendu toutes les parties, le tribunal, présidé par Mohamed Sangaré, a mis l’affaire en délibéré pour une décision qui sera rendue le 28 janvier 2026.

 

Affaire à suivre…

 

Par ODD ;  pour Judicalex-gn.org

 

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