Cour d’appel de Conakry : la famille judiciaire rend un dernier hommage à l’ancien procureur de Pita

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Un symposium en hommage à Malick Marcel Oularé, ex-procureur de la République près le tribunal de première instance de Pita, a été organisé ce mardi 7 avril 2026 dans l’enceinte de la Cour d’appel de Conakry.

Parents, amis et collaborateurs ont pris part à cette cérémonie funèbre pour saluer la mémoire de cet ancien magistrat. Issu de la 42e promotion de l’Université Générale Lansana Conté de Sonfonia, ainsi que de la 2e promotion du Centre de formation judiciaire, feu Marcel Malick Oularé a marqué les esprits de ses camarades. C’est du moins ce qui ressort du témoignage de l’une d’entre elles, Joséphine Loly Tenguiano, qui peine à retenir ses larmes :

« C’est avec un cœur meurtri que je me tiens devant vous en ce jour douloureux pour rendre un ultime hommage à notre regretté frère, collègue et ami, Marcel Malick Oularé. Le destin nous avait réunis sur les bancs de l’Université de Sonfonia, à Conakry, au sein de la 42e promotion de l’Université Générale Lansana Conté, ainsi que de la 2e promotion du Centre de formation judiciaire, où Marcel Malick a brillamment poursuivi ses études de droit, sanctionnées par l’obtention d’une maîtrise en droit privé, suivie d’un brevet de magistrat. Déjà à cette époque, il se distinguait par son intelligence, sa rigueur intellectuelle, mais surtout par son sens élevé de la justice et de la responsabilité. Animé par une vocation profonde pour le service public et la défense de l’intérêt général, il a embrassé avec honneur la carrière judiciaire. Nommé procureur de la République près le tribunal de Pita, il a exercé ses fonctions avec dignité, intégrité et un attachement indéfectible aux valeurs de justice, d’équité et de probité. Marcel Malick Oularé n’était pas seulement un magistrat. Il était un homme de principe, un serviteur de la loi respecté, mais aussi un être profondément humain. Son humilité, sa courtoisie, son sens de l’écoute et sa disponibilité faisaient de lui une référence, un modèle pour ses pairs et un soutien précieux pour ses proches. Aujourd’hui, c’est un pilier qui s’effondre, une lumière qui s’éteint, laissant derrière elle un vide immense dans nos cœurs et dans notre communauté judiciaire. »

Au terme de sa formation académique, feu Malick Marcel Oularé a entamé sa carrière professionnelle dans un cabinet d’avocat. Aux côtés de Me Amadou Oury Diallo, son maître de stage, l’apprenant qu’il fut s’est distingué par son professionnalisme et son amour du métier.

« Marcel Malick Oularé a été l’un de nos stagiaires les plus exemplaires par son humilité et sa sagesse. Il était respectueux, obéissant et disponible. Sa principale qualité était sa capacité d’écoute, lui permettant de comprendre avant d’agir. Me Mohamed Sylla et moi l’avions accueilli dans notre cabinet à Kaloum. Nous étions alors trois avocats avec trois stagiaires. Nous avons évolué ensemble dans l’entente, la paix et la solidarité jusqu’à l’annonce du concours de recrutement des auditeurs de justice par le garde des Sceaux. Nous avons encouragé les stagiaires à postuler, même s’ils souhaitaient devenir avocats. Dix ans après, ils auraient pu revenir au barreau. Nous avons organisé des séances de préparation au concours dans mon cabinet. Tous ont postulé, mais seul Marcel a été admis. Après sa réussite, il est venu nous remercier, et nous l’avons accompagné avec nos bénédictions », a témoigné l’avocat.

Depuis lors, Malick Marcel Oularé est resté magistrat jusqu’à son rappel à Dieu. Des tribunaux de Labé, Kissidougou et N’Zérékoré, en passant par les cours d’appel de Conakry et la Cour de répression des infractions économiques et financières, il a laissé de bons souvenirs au sein de l’appareil judiciaire guinéen. Son dernier poste était celui de procureur de la République près le tribunal de première instance de Pita. Son départ laisse un grand vide dans ce milieu qu’il a tant servi.

« C’est avec un cœur plein d’émotion que je prends la parole ici, au nom du garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Monsieur Ibrahima Sory Tounkara. Je m’exprime également au nom de l’ensemble des cadres de l’administration centrale de la justice pour exprimer notre profonde tristesse face à la disparition de feu Malick Marcel Oularé. Nous prions pour le repos de son âme… », a déclaré Abdoulaye Baldé, conseiller principal du ministre de la Justice.

Réconfortée par la mobilisation et le soutien reçus, la famille du défunt a tenu à exprimer sa reconnaissance :

« La famille Oularé et les proches de feu Marcel Malick Oularé ont été profondément touchés par vos témoignages de soutien et vos gestes de compassion. Chers magistrats, avocats, huissiers, greffiers, commissaires-priseurs et notaires, le feu Malick Oularé nous laisse deux enfants et une mère éprouvée. Nous vous remercions d’avance pour votre soutien et votre accompagnement. Monsieur le procureur s’en va pour de bon. Repose en paix et que Dieu, dans son infinie miséricorde, t’accueille dans son royaume céleste », a déclaré Kémo Oularé, porte-parole de la famille.

Au terme du symposium, suivi d’un recueillement, la dépouille a pris la direction de Kissidougou, où feu Malick Marcel Oularé sera inhumé ce mercredi.

 

 

Par ODD,  pour Judicialex-gn.org

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