Cour d’Appel de Conakry : un ultime hommage rendu à Mohamed Bangoura

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La famille judiciaire guinéenne a organisé un symposium à la mémoire de l’ancien procureur de N’Zérékoré, Mohamed Bangoura, décédé hier mercredi des suites d’un accident de la circulation à Mamou. Magistrats, avocats, huissiers, notaires et commissaires-priseurs se sont joints à la famille éplorée pour lui rendre un dernier hommage.

 

 

À travers des témoignages émouvants, les qualités professionnelles et humaines du défunt ont été rappelées ce jeudi 9 avril 2026, dans l’enceinte de la Cour d’appel de Conakry, où la dépouille a été exposée pour la circonstance.

 

 

« M. Mohamed Bangoura était un magistrat de valeur. Le Barreau salue en lui un homme de rigueur, de responsabilité et de respect des droits de la défense. Aujourd’hui, au-delà du magistrat, c’est un époux, un père, un pilier familial qui s’en est allé. À sa famille durement éprouvée, à son épouse, à ses enfants, aux gardes des Sceaux, aux magistrats, avocats, greffiers, notaires et huissiers, l’ensemble du Barreau adresse ses condoléances les plus émues et exprime sa profonde compassion. Nous prions Allah de leur accorder patience et réconfort. Nous prions Allah, le Tout-Miséricordieux, d’accorder à notre regretté Mohamed Bangoura Son pardon, de l’épargner des tourments de la tombe, de lui accorder le paradis et d’élargir et d’illuminer sa tombe », a déclaré Me Amadou DS Bah, porte-parole du Barreau.

Né en 1986, Mohamed Bangoura s’en va à la fleur de l’âge, laissant derrière lui une veuve et quatre enfants. Une perte immense pour sa famille, mais également pour la magistrature guinéenne, a souligné Théophile Magloire Kouadjo, représentant de l’Association des magistrats de Guinée.

 

 

« Magistrat de conviction, Mohamed Bangoura a toujours cherché, avec rigueur et humilité, à appliquer la loi en conciliant la fermeté nécessaire et la compréhension humaine. Il a servi la justice avec un dévouement exemplaire. Ses œuvres resteront gravées dans nos mémoires. Portons-le dans nos cœurs et prions pour lui, car “le vrai tombeau des morts, c’est le cœur des vivants”, dixit Jean Cocteau. Il est dit que l’Éternel est proche de ceux qui ont le cœur brisé ; Lui seul est notre consolateur. Que le Seigneur console sa famille et lui pardonne ses péchés. À sa famille, à ses enfants, au garde des Sceaux et à toute la communauté judiciaire, nous adressons nos plus sincères condoléances », a-t-il conclu.

Portant la voix du garde des Sceaux, ministre de la Justice, Abdoulaye Baldé a souligné que ce n’est pas seulement la famille biologique du défunt qui est éprouvée par cette disparition, mais également la famille judiciaire, qui pleure un ancien procureur près le tribunal de première instance de Pita.

 

 

« Le 7 avril, nous étions à cette même place pour consoler la famille de notre collègue feu Marcel Oularé et prier pour le repos de son âme. Aujourd’hui, c’est Monsieur Mohamed Bangoura qui nous quitte à la fleur de l’âge, sans prévenir. Oui, parce qu’il est seulement de la quatrième promotion. Le corps des magistrats est durement éprouvé. Si ces décès successifs étaient le fait d’un homme, nous nous serions tous levés pour mettre l’assassin hors d’état de nuire. Mais ces disparitions sont l’œuvre de Dieu. Celui qui a décrété que l’homme est poussière et qu’il retournera à la poussière. Devant Lui, nous ne pouvons que demander, avec humilité, qu’Il accepte d’observer une trêve durable afin de permettre à l’effectif de nos magistrats, avocats, greffiers, huissiers, notaires et autres de se reconstituer. En attendant d’être exaucé, je viens présenter à la famille éplorée les condoléances émues du garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’homme, ainsi que celles de l’ensemble des cadres et agents du ministère. Nous ressentons profondément la peine de cette famille que nous partageons, car la disparition de ce magistrat constitue une perte inestimable pour la justice de notre pays », a-t-il témoigné.

La famille du défunt s’est dite profondément touchée par cet élan de solidarité exprimé à son égard.

 

 

« Nous remercions sincèrement ses collaborateurs du ministère de la Justice pour cet hommage, qui témoigne de l’estime et du respect qu’il inspirait. Cher frère, ton souvenir restera à jamais gravé dans nos cœurs. Ton sens du devoir et ton engagement continueront de nous inspirer », a déclaré Alseiny Bangoura, frère du défunt.

 

 

Feu Mohamed Bangoura a réussi au concours d’accès à la magistrature en 2016. Il a occupé successivement les postes de substitut du procureur de la République près le tribunal de première instance de Pita en 2019, puis à Kaloum en décembre 2021, avant d’être affecté à Kindia. Il a ensuite servi comme substitut spécial à la CRIEF, avant d’être nommé procureur de la République près le tribunal de première instance de N’Zérékoré en février 2026.

 

 

Par ODD, pour Judicalex-gn.org

 

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