CRIEF : « Ça fait plusieurs années que nous clamions haut et fort son innocence », déclare Maître Soufiane Kouyaté

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C’est un feuilleton judiciaire de plusieurs années qui vient de connaître son épilogue, ce mardi 17 février 2026, devant la Chambre des appels de la Cour de Répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Cette juridiction, présidée par Francis Kova Zoumanigui, a déclaré Ibrahima Kourouma, ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, non coupable des faits de détournement de deniers publics et d’enrichissement illicite. 

La Cour a ainsi prononcé son renvoi des fins de la poursuite pour délit non constitué. Une décision saluée par l’un des avocats du prévenu, qui évoque l’aboutissement d’un long combat judiciaire et « le triomphe du droit ».

« Comme vous pouvez le constater à mon visage, à mon sourire, c’est un sentiment de joie qui m’anime ce matin. Tout comme mes confrères qui ne sont pas présents ici. Cela fait plusieurs années que nous clamions haut et fort son innocence. Nous nous sommes battus et nous avons apporté les preuves nécessaires. Heureusement, le juge Francis Kova Zoumanigui vient de nous donner raison en renvoyant notre client des fins de la poursuite. Cela ne m’étonne pas d’ailleurs, car lorsqu’il avait été saisi auparavant, il avait déjà ordonné sa remise en liberté. Aujourd’hui, voir le juge Kova, particulièrement versé en matière d’enrichissement illicite et de détournement, rendre une telle décision, ne fait que renforcer ma satisfaction », a déclaré Maître Soufiane Kouyaté.

Selon l’avocat, plus rien ne devrait désormais retenir son client en détention, la juridiction du second degré ayant tranché définitivement. Toutefois, il se montre prudent au regard des pratiques administratives en vigueur.

« Il devrait sortir de prison dès aujourd’hui. En principe, selon la loi guinéenne, il n’y a aucun obstacle. Mais une pratique s’est instaurée : celle de l’ordre de mise en liberté, qui n’est pourtant prévue nulle part dans notre législation. Pour sortir, il faut cet ordre », s’inquiète-t-il.

L’incarcération de cet ancien commis de l’État aurait, selon son conseil, causé un préjudice important. Au-delà de l’innocence désormais reconnue par la Chambre des appels, Maître Kouyaté estime qu’une indemnisation devrait être envisagée.

« Être privé de liberté pendant quatre ans, ce n’est pas seulement lui qui en a souffert. Sa femme, ses parents, ses amis… Beaucoup de personnes ont souffert avec lui. Et aujourd’hui, on vient simplement dire : rentrez chez vous, il n’y a pas d’infraction. Dans des conditions normales, ces personnes devraient être indemnisées par l’État. En principe, il a été écroué à tort », a-t-il regretté.

Au moment où nous mettions cet article en ligne, une source proche du dossier confiait qu’au lieu d’être reconduit à son domicile, Ibrahima Kourouma aurait été ramené à la Maison centrale de Conakry, où il est détenu depuis le 21 avril 2022.

 

Affaire à suivre.

 

Par ODD,Pour Judicalex-gn.org

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