CRIEF : le procureur spécial requiert la confirmation des 5 ans de prison prononcés contre Chérif Bah en appel

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Poursuivi pour détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux, abus de fonction, vol et complicité, le dossier de l’ancien gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) est entré dans sa dernière phase ce mardi 17 mars 2026.

Devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), le procureur spécial Aly Touré a requis la confirmation de la décision de condamnation contre Ibrahima Chérif Bah, prononcée par la chambre de jugement de ladite cour le 5 mai 2025.

Cette juridiction l’avait déclaré coupable de ces faits, à l’exception des délits de vol, corruption et complicité. Par la même occasion, elle l’avait condamné à cinq ans d’emprisonnement ferme, au paiement de 5 milliards de francs guinéens, ainsi qu’à la confiscation de plusieurs de ses biens au profit de l’État, avant de décerner un mandat d’arrêt contre lui. Une décision contre laquelle il a interjeté appel. Malheureusement, il n’a pas daigné se présenter à l’audience. Une attitude qui a provoqué la colère de la partie civile qui, lors de sa plaidoirie, a sollicité la Cour de resserrer l’étau contre ce prévenu absent.

« Au lieu de venir défendre son recours, il a brillé par son absence. Or, l’acte de citation a été signifié à son domicile, conformément à l’article 586, qui prévoit que lorsqu’un prévenu fait appel, il indique l’adresse à laquelle les actes de procédure doivent lui être servis. Dans ces actes, il est toujours indiqué que M. Chérif Bah est domicilié à Lambanyi, secteur mosquée, et c’est là que les actes ont été signifiés. Le même article précise que lorsque les actes sont signifiés à l’adresse indiquée par le prévenu, celui-ci est censé les recevoir en personne. Donc, M. Chérif Bah, qui savait qu’il a fait un recours et que son dossier devait passer aujourd’hui, avait l’obligation de comparaître, à moins de fournir une excuse légale. Or, depuis le début de cette affaire, il n’en a jamais fourni. Il a toujours préféré briller par son absence. C’est pourquoi nous avons sollicité de la Cour que le dossier soit plaidé aujourd’hui. Nous avons également demandé que le montant des dommages et intérêts qui nous a été accordé en première instance, soit 5 milliards, passe à 10 milliards », a déclaré Maître Faya Gabriel Kamano.

L’avocat de l’État justifie cette demande par le préjudice subi en raison du retard qu’a connu la procédure, notamment dans l’exécution de la décision rendue en sa faveur.

« L’article 599, alinéa 3, du code de procédure est clair : lorsque l’appel du prévenu a causé un préjudice à la partie civile, celle-ci peut solliciter l’augmentation des dommages et intérêts. Nous constatons que l’intérêt de son appel est simplement d’empêcher l’État d’exécuter la décision contre lui. Il faut le dire, M. Chérif Bah s’est bâti un important empire immobilier et a investi dans de nombreuses sociétés de la place. Son intérêt est donc que la procédure traîne afin que l’État n’exécute jamais la décision. Si celle-ci avait été exécutée, il serait déjà privé des loyers qu’il perçoit sur ses bâtiments. Ainsi, son appel, que nous considérons comme abusif et dilatoire, nous a causé un préjudice. C’est pourquoi nous demandons que les dommages et intérêts soient portés de 5 à 10 milliards de francs guinéens », a-t-il soutenu.

De son côté, le procureur Aly Touré a exprimé la même déception face à l’absence du prévenu. Dans ses réquisitions, il a non seulement demandé la confirmation de la peine de cinq ans prononcée en première instance contre cet ancien gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée, mais a également sollicité de la Cour d’ordonner l’exécution provisoire de la décision, nonobstant pourvoi.

L’affaire a été mise en délibéré pour une décision attendue le 14 avril 2026.

 

 

Par ODD, pour Judicalex-gn.org

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