Détournement présumé de 20 milliards GNF : l’ex-président de la Cour constitutionnelle à nouveau devant la CRIEF

Actu 1

Poursuivi pour détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité, l’ancien président de la Cour constitutionnelle a comparu ce lundi 23 février 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

Mohamed Lamine Bangoura est longuement revenu sur l’utilisation des 20 milliards de francs guinéens de subvention accordés à l’institution qu’il dirigeait entre 2018 et 2021. Selon lui, sur ce montant, 11 milliards étaient destinés au paiement du loyer du bâtiment abritant la juridiction. Il a expliqué qu’avant son arrivée à la tête de la Cour constitutionnelle, le loyer s’élevait à 8 milliards de francs guinéens. Trois ans plus tard, le bailleur aurait porté ce montant à 11 milliards.

Interrogé sur les raisons de cette augmentation et sur l’existence d’éventuelles discussions préalables avant la signature du contrat, Mohamed Lamine Bangoura a soutenu que cette hausse faisait suite à des travaux de rénovation et à l’ameublement du bâtiment. Concernant l’étude du contrat, il a indiqué avoir confié cette tâche au secrétaire général, en collaboration avec son homologue de la Cour des comptes.

« Lorsque le document est arrivé, puisque nous partageons le bâtiment avec la Cour des comptes, j’ai demandé au secrétaire général d’aller voir son homologue afin de vérifier s’il s’agissait bien du même contrat. Cela a été fait. Ils ont étudié le document pendant un mois. À son retour, il m’a dit que tout était en règle. J’ai alors signé », a-t-il déclaré.

S’agissant de la subvention, il a précisé que la Cour constitutionnelle bénéficiait d’une enveloppe de 1 milliard 200 millions de francs guinéens tous les trois mois. La gestion de ces fonds, selon lui, était assurée par le vice-président à la tête d’un comité de trésorerie. « Cet argent servait au paiement des primes de session, des frais de transport, du logement, des dépenses de santé et des consommables », a-t-il expliqué.

Les débats ont également porté sur le patrimoine du prévenu. Sans hésitation, il a assuré à la Cour, présidée par Yagouba Conté, que ses biens ne sont nullement d’origine illicite. Il a affirmé percevoir, en tant que président de la Cour constitutionnelle, un salaire de 75 millions de francs guinéens. Il aurait également bénéficié de fonds d’accompagnement de l’ancien président Alpha Condé. À cela s’ajouteraient environ 9 millions de francs guinéens en tant que doyen de faculté, des revenus issus de consultations internes ainsi que la vente d’un immeuble à Paris appartenant à son défunt père.

Concernant ses biens immobiliers, il a reconnu être propriétaire de deux immeubles à Nongo, d’une villa à Wonkifong (Coyah), d’une plantation et d’un immeuble R+3 à Dakar, acquis pour 4 milliards de francs guinéens grâce à un prêt bancaire.

L’affaire a été renvoyée au 2 mars pour la comparution des prévenus Amadou Diallo, Sidiki Sylla et Rouguiatou Barry, actuellement en fuite, ainsi que pour la poursuite des débats.

Par ailleurs, les accusations visant Mohamed Lamine Bangoura pourraient s’alourdir. Un greffier, se présentant comme greffier en chef ayant exercé sous son autorité à la Cour constitutionnelle, s’est constitué partie civile dans le dossier. Il l’accuse d’avoir arbitrairement revu son salaire à la baisse.

Affaire à suivre...

Par ODD pour Judicalex-gn.org

Commentaires

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier à commenter !

Vous devez vous connecter pour commenter cet article.


Articles similaires