Détournement présumé de plus de 866 millions de francs guinéens à l’hôpital Ignace Deen : « Les faits ne sont pas constitués », affirme le procureur Biwon Milimono

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Le procès du directeur général de l’hôpital Ignace Deen, le professeur Dadhi Baldé, et de ses deux coprévenus tend vers sa fin. La phase des réquisitions et des plaidoiries a été entamée dans cette procédure ce mercredi 11 mars 2026 devant le Tribunal de première instance de Kaloum. Au cours de cet exercice, plusieurs manquements ont été relevés par le procureur Biwon Milimono, la défense, mais aussi par le conseil de la partie civile, représentée par l’Agent judiciaire de l’État.

Le représentant du ministère public a estimé que la mission d’inspection est allée au-delà de son mandat. Selon lui, l’infraction n’est ni constituée ni établie à l’encontre des prévenus. Il a donc demandé au tribunal de les renvoyer des fins de la poursuite.

Dans cette affaire, le directeur général de l’hôpital Ignace Deen, Dadhi Baldé, est poursuivi aux côtés d’Oumar Yansané, agent comptable, et de Samuel Koundoua, directeur des affaires financières (DAF) dudit hôpital.

Ces prévenus, qui comparaissent tous libres, sont traduits devant ce tribunal pour répondre des faits présumés de détournement de deniers publics. L’Agence judiciaire de l’État (AJE), constituée partie civile dans cette procédure, leur reproche d’avoir détourné plus de 866 millions de francs guinéens au préjudice de l’État guinéen. Il s’agit d’un montant « non justifié », détecté au mois de mai 2023 par une équipe d’inspection à l’hôpital Ignace Deen.

Une accusation rejetée en bloc par les prévenus tout au long du procès.Abordant la phase des réquisitions, le procureur Biwon Milimono a demandé au tribunal de renvoyer les prévenus des fins de la poursuite pour délit non établi à leur encontre.

« L’inspection est allée au-delà de son ordre de mission. Au lieu de contrôler l’utilisation des fonds alloués à l’hôpital, ils ont élargi leur mission pour procéder à un audit des recettes internes de l’établissement. Nous estimons que l’infraction n’est pas établie et qu’elle n’est pas non plus constituée. Nous vous demandons donc de constater que les faits ne sont pas établis et de renvoyer les prévenus des fins de la poursuite », a requis le procureur.

De son côté, le conseil de l’Agent judiciaire de l’État, Me Amadou DS Bah, a indiqué que cette procédure a permis de mettre en lumière des défaillances chroniques au sein de l’hôpital Ignace Deen.

« Nous estimons qu’il y a eu des défaillances qui doivent interpeller la justice et les administrateurs de cet hôpital. Nous vous demandons donc de tirer toutes les conséquences de droit dans cette affaire », a déclaré l’avocat.

Pour sa part, la défense a également demandé au tribunal de renvoyer ses clients des fins de la poursuite pour délit non établi. Elle a en outre sollicité la condamnation de l’État guinéen pour « abus de constitution de partie civile ».

« Nous vous demandons de condamner l’État guinéen au paiement d’une somme équivalente au montant qu’il réclamait aux prévenus », a plaidé la défense.

Après avoir écouté toutes les parties, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue le 8 avril 20 2026.

 

 

Par Sadialiou Barry, pour Judicalex-gn.org 

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