Dialogue institutionnel en Guinée : le ministre de la Justice engage des concertations avec les hautes juridictions

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Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a entrepris, lundi 23 février 2026, une série de rencontres avec les principales institutions judiciaires du pays. Cette démarche, à la fois protocolaire et stratégique, l’a conduit auprès de la Cour suprême, du Conseil supérieur de la magistrature, de la Cour des comptes ainsi que de la Cour de répression des infractions économiques et financières.

Cette initiative s’inscrit dans l’orientation impulsée par le président de la transition, Mamadi Doumbouya, pour qui la justice constitue un levier essentiel de la reconstruction institutionnelle en Guinée. Placée au cœur du processus de refondation de l’État, l’institution judiciaire est désormais présentée comme un socle incontournable des réformes engagées.

Au siège de la Cour suprême, le Premier président, Fodé Bangoura, a salué l’initiative du ministre, soulignant l’importance d’un dialogue constructif entre les différentes composantes du pouvoir public. Il a rappelé le rôle central de la haute juridiction : garantir la conformité des décisions à la loi, préserver l’unité de la jurisprudence et veiller à la protection des droits fondamentaux.

Tout en réaffirmant son attachement aux réformes en cours, il a assuré que l’institution demeurait disposée à soutenir toute action visant à consolider l’indépendance et la crédibilité de la justice.

Au Conseil supérieur de la magistrature, le secrétaire exécutif, Alpha Saliou Barry, a replacé les échanges dans un contexte marqué par des préoccupations relatives au respect des procédures institutionnelles. Organe constitutionnel chargé de garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire, le Conseil a notamment évoqué certaines décisions de nomination et d’affectation intervenues sans concertation préalable.

Les discussions ont également porté sur la gestion des parcours professionnels des magistrats et sur les difficultés rencontrées par certaines juridictions, notamment en raison d’un déficit de personnel qualifié. Les responsables ont plaidé pour un cadre de collaboration renforcé avec le ministère, afin d’assurer une gouvernance judiciaire plus harmonieuse et performante.

Prenant la parole, le Garde des Sceaux Ibrahima Sory II Tounkara  a exprimé sa reconnaissance au chef de l’État pour la confiance placée en lui et a précisé que cette tournée avait pour objectif d’établir un échange sincère avec les acteurs du système judiciaire. Il a insisté sur la nécessité d’évaluer avec lucidité les progrès accomplis et les insuffisances persistantes.

Selon lui, la justice demeure un pilier fondamental du développement national. Il a appelé à une mobilisation collective en faveur d’une transformation structurelle du secteur, estimant qu’une magistrature compétente, intègre et pleinement engagée constitue la clé d’une justice crédible et respectée par les citoyens.

À l’issue de cette première série de consultations, les différentes institutions ont affiché une volonté partagée de consolider le dialogue interinstitutionnel, d’améliorer les conditions d’exercice des magistrats et d’accélérer la modernisation de l’appareil judiciaire.

Cette tournée apparaît ainsi comme une étape stratégique dans la dynamique de réforme engagée. Si les défis restent nombreux, la concertation amorcée pourrait poser les bases d’une coopération plus étroite entre les organes judiciaires, condition essentielle à l’affermissement d’un État de droit solide et durable au service des justiciables guinéens.

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org 

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