Droits de l’homme et État de droit : le message fort des avocats guinéens à Kairaba Kaba

Actu 1
LeRenifleur Judicalex Guinée 16/01/2026

Dans la grande salle d’audience du Palais du 28 septembre, les acteurs de la justice se sont réunis ce jeudi 15 janvier 2026 pour présenter leurs vœux au Garde des sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Yaya Kairaba Kaba. À cette occasion, Me Kemoko Malik Diakité, secrétaire général du Barreau de Guinée, a pris la parole au nom de l’ensemble des avocats du pays.

 

 

Dans son allocution, Me Diakité n’a pas éludé les difficultés auxquelles le système judiciaire guinéen a été confronté au cours de l’année écoulée.

« L’année écoulée a été éprouvante pour l’exercice des libertés publiques. Notre pays n’a pas toujours été au rendez-vous du droit », a-t-il affirmé.

Il a rappelé plusieurs incidents préoccupants, notamment les « enlèvements à répétition suivis de disparitions, les détentions préventives interminables, le musellement de la presse privée et l’interdiction des manifestations pacifiques », des pratiques qui, selon lui, « fragilisent la confiance en l’État de droit ».

Malgré ce constat critique, le secrétaire général du Barreau a salué l’engagement du ministre Kairaba Kaba dans la promotion de la justice et de l’État de droit.

« Votre ministère incarne l’espoir d’une Guinée où le droit finira par triompher, où les libertés fondamentales sont protégées et où chaque citoyen peut accéder à une justice équitable », a-t-il souligné.

Me Diakité a également rappelé le rôle central des avocats dans la défense des droits des citoyens 

 « Nous avons accompagné nos concitoyens dans leurs épreuves, plaidé pour le respect des procédures légales et veillé à ce que les voies du droit ne soient jamais totalement étouffées ». Pour l’année 2026, il a exprimé l’espoir d’un « apaisement et d’un retour aux principes qui honorent toute nation : le respect de la dignité humaine, la présomption d’innocence, le droit à un procès équitable et la liberté pour chaque citoyen de vivre sans crainte de persécution habituelle ».

Enfin, il a insisté sur la demande du barreau : « Nous ne demandons pas de privilèges, mais simplement que soient respectés les engagements de la Guinée envers les conventions internationales qu’elle a ratifiées et les principes inscrits dans nos textes fondamentaux ».

 

 

La cérémonie de ce jeudi n’a pas seulement été un moment de vœux et de convivialité. Elle a également constitué un rappel solennel des défis auxquels la justice guinéenne doit faire face. Le message des avocats est clair : la protection des droits fondamentaux et le respect de l’État de droit restent au cœur des aspirations de la société civile et des professionnels du droit.

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

Commentaires

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier à commenter !

Vous devez vous connecter pour commenter cet article.


Articles similaires