Entrave au bon fonctionnement de la justice et outrage à agent : Seydouba Camara condamné à 18 mois de prison et à une amende

Actu 1
LeRenifleur Judicalex Guinée 17/12/2025

Le tribunal correctionnel de Dixinn a déclaré, ce mardi 16 décembre 2025, Seydouba Camara coupable des faits d’outrage à agent et d’entrave au bon fonctionnement de la justice. Le juge l’a condamné à 18 mois de prison ferme assortis d’une amende de 500 000 francs guinéens.

Les faits remontent au mois de novembre 2025. Un certain Mohamed Camara s’était soustrait à une garde à vue au commissariat central d’Enco 5 avant de se réfugier dans un temple dirigé par Seydouba Camara. Les agents de police, partis à la recherche du fugitif, se seraient heurtés à la résistance du responsable du temple, qui les aurait empêchés de procéder à l’interpellation.

Selon l’accusation, la situation a dégénéré au fil des échanges. Seydouba Camara se serait montré menaçant à l’égard des agents, provoquant une altercation entre ces derniers et des jeunes venus le soutenir. Indexé comme le meneur de ce mouvement, il aurait refusé d’obtempérer, une attitude qui aurait conduit l’un des agents à lui tirer une balle dans le pied afin de l’immobiliser, a expliqué le procureur.

À la barre, le prévenu a nié les faits tout au long des débats. Il a livré sa version des événements en ces termes :

« Ce jour-là, j’étais assis à quelques mètres de chez moi, devant la concession de mon homonyme. J’ai vu des jeunes courir, poursuivis par des policiers. J’ai demandé à un agent, qui est mon voisin, ce qui se passait. Ils m’ont répondu qu’ils recherchaient un jeune évadé du commissariat d’Enco 5. Mais l’un des agents m’a frappé par derrière, ce qui m’a causé une légère blessure au visage. J’ai interpellé un autre agent pour lui dire que je n’avais rien fait. L’un d’eux m’a même demandé pardon.

Par la suite, mes parents m’ont demandé de rentrer dans la concession, car des renforts avaient été appelés pour m’interpeller. Quelques minutes plus tard, des agents sont arrivés et m’ont désigné en disant : “C’est lui ?”. J’ai demandé ce que j’avais fait. Ils m’ont ordonné de m’arrêter, j’ai refusé. J’ai escaladé le mur de la cour, mais d’autres agents étaient postés derrière. Ils m’ont encore demandé de m’arrêter, j’ai refusé, et l’un d’eux m’a tiré dans le pied droit. Blessé, je n’ai plus pu continuer à fuir. Les agents m’ont ensuite conduit au commissariat, puis dans un centre de santé avant ma présentation au parquet », a-t-il relaté.

Concernant la paire de ciseaux avec laquelle il est accusé d’avoir menacé les policiers, Seydouba Camara affirme être victime d’un règlement de comptes de la part de l’agent qui lui a tiré dessus, qu’il dit connaître comme voisin.

« La paire de ciseaux déposée contre moi ne m’appartient pas. Elle a été abandonnée dans le temple par des jeunes fumeurs », a-t-il soutenu.

 

Avant le délibéré, le procureur avait requis deux ans d’emprisonnement ferme et une amende de 500 000 francs guinéens. Toutefois, le tribunal, présidé par le juge Ibrahima Sory Sow, a finalement retenu une peine de 18 mois de prison ferme, assortie de la même amende.

Cette condamnation vient alourdir le casier judiciaire de Seydouba Camara. Âgé de 25 ans et de profession ferrailleur, il avait déjà été condamné par le passé à un an d’emprisonnement, dont neuf mois avec sursis.

 

Par Bonankoun, pour Judicalex-gn.org 

 

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