Ibrahima Sory II Tounkara promet une justice crédible et humaine : des avocats réagissent

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Depuis sa nomination, lundi, au poste de garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, les réactions positives en faveur d’Ibrahima Sory II Tounkara affluent au sein du milieu judiciaire.

Lors de sa prise de fonction, ce mercredi 4 février 2026, le nouveau ministre a promis une justice équitable, au service de tous les citoyens. Le droit à un jugement public dans un délai raisonnable pour toute personne en conflit avec la loi figure parmi les chantiers prioritaires que le garde des Sceaux s’est engagé à matérialiser. Un combat quotidien pour les avocats, qui assurent souvent la défense des justiciables.

Le discours de ce magistrat résonne comme une délivrance pour de nombreux citoyens. C’est du moins la perception de Maître Abdoulaye Keita, avocat au barreau de Guinée.

« Moi, je suis très content, très ravi, même dépassé. Voilà un magistrat que j’ai connu depuis des années, notamment à Mamou. C’est un magistrat qui m’a beaucoup impressionné à l’instance. Pourquoi ? Parce qu’il est audacieux, catégorique et intègre. Il mérite d’être ministre de la Justice, garde des Sceaux. C’est d’ailleurs pour cela que le président de la République lui a fait confiance. Je crois que la justice va désormais vraiment dans le bon sens », espère-t-il.

À la tête de ce département stratégique, la fermeté doit, selon lui, être de mise face aux magistrats. Pour Maître Keita, le ministre Tounkara doit aller encore plus loin.

« Je m’attends à un grand changement. Il doit tout faire pour pousser les magistrats à appliquer les textes de loi en vigueur. Donner un ton ferme, comme je le connais, pour que seule la loi soit appliquée. C’est ce que le peuple de Guinée demande. Tant que les lois ne seront pas appliquées à la lettre, nous ne pourrons pas avancer », affirme-t-il.

Comme lui, plusieurs autres auxiliaires de justice nourrissent le même espoir. C’est le cas de Maître David Béavogui. Pour cet avocat, les difficultés liées à la promotion de l’État de droit résident notamment dans l’application de la politique pénale héritée du système colonial français.

« Le juge Ibrahima Sory II Tounkara totalise plus d’une quinzaine d’années d’expérience. Personnellement, je l’ai pratiqué à Mafanco, où il était juge. Il a ensuite été président des tribunaux de première instance de Macenta, Mamou et Coyah, avant d’être nommé à la tête du tribunal de première instance de Dixinn. Il a également présidé le procès dit du “siècle”, relatif aux événements du 28 septembre. Cela lui a valu une notoriété nationale et la présidence de l’Association des magistrats de Guinée. C’est un homme pétri d’expérience qui n’a pas droit à l’échec. Mais cela ne sera possible que s’il bénéficie d’une réelle marge de manœuvre », explique-t-il.

Selon lui, le système romano-germanique hérité de la France confère au garde des Sceaux un rôle central dans l’application de la politique pénale de l’État.

« Il peut y avoir des divergences entre les objectifs de l’exécutif et ceux du judiciaire. S’il n’y a pas un bras de fer dans un gant de velours, la tâche sera compliquée. Le ministre a besoin d’être écouté, d’avoir des moyens financiers, des ressources humaines qualifiées et le concours de tous les acteurs de la justice », a martelé l’avocat.

Ibrahima Sory II Tounkara devient ainsi le cinquième ministre de la Justice, après Fatoumata Yarie Soumah, Moriba Alain Koné, Alphonse Charles Wright et Yaya Kairaba Kaba.

 

 

Par ODD, pour Judicalex-gn.org

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