Il se fait passer pour le président de la République pour escroquer 500 millions de francs guinéens : l’affaire devant la Cour d’appel

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Le procès en appel d’Amadou Bangus Bangoura s’est ouvert ce lundi 23 février 2026 devant la Cour d’appel de Conakry. Placé en détention depuis le 16 juillet 2025, le prévenu est poursuivi pour escroquerie. Il s’était fait passer pour le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, afin de soutirer 500 millions de francs guinéens à la société Topaz, basée à Conakry.

Après son interpellation, il a été jugé par le tribunal de première instance de Kaloum, où il a reconnu sans ambages les faits qui lui étaient reprochés. Le tribunal l’a déclaré coupable et condamné à deux ans d’emprisonnement, dont un an assorti de sursis, ainsi qu’à une amende d’un million de francs guinéens.

Sur l’action civile, il a également été condamné à verser à la société Topaz la somme de 500 millions de francs guinéens à titre principal, ainsi que 80 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.

C’est contre cette décision que le prévenu, à travers son conseil, a interjeté appel devant la Cour d’appel de Conakry. Le dossier a été examiné ce lundi par la juridiction du second degré.

Exposant les motifs de l’appel, son avocate, Maître Mariama Camara, a fait valoir que son client est père de famille et souffrant de maladie.

« Il a reconnu sans ambages les faits. À partir du moment où il les a reconnus et qu’il est malade, nous demandons à la Cour de diminuer la peine. Il sollicite le bénéfice des circonstances atténuantes », a-t-elle plaidé.

De son côté, l’avocat de la partie civile a qualifié l’appel de « fantaisiste » et demandé la confirmation pure et simple du jugement rendu en première instance.

« L’appelant n’a pas démontré les motifs de son recours. Il a imité la voix du président de la République pour escroquer 500 millions de francs guinéens au préjudice de la société Topaz. Il a été condamné à une année de prison ferme et une année avec sursis. Nous demandons la confirmation du jugement du tribunal de Kaloum », a-t-il soutenu.

Invité à s’exprimer, le prévenu a réitéré ses aveux.

« Oui, j’ai imité le président de la République pour obtenir les 500 millions de francs guinéens. Mais j’ai perdu l’argent. L’agent de la DPJ qui est venu m’interpeller, je lui ai remis 90 millions de francs guinéens pour qu’il me libère. Après avoir reçu l’argent, il m’a conseillé de quitter le pays. J’ai acheté un véhicule Mitsubishi 4x4. Au moment de quitter le pays, j’ai été interpellé à Pamalap, à la frontière entre la Guinée et la Sierra Leone », a-t-il déclaré.

Pour sa part, l’avocat général, Daouda Diomandé, a estimé que les faits sont « gravissimes » et que la peine prononcée en première instance est clémente.

 

« Ce n’est pas seulement le président de la République qui est atteint, c’est l’institution qui est touchée. Se faire passer pour la plus haute autorité du pays afin de soutirer de l’argent à une société salit l’image du pays. Le tribunal a été très clément. Heureusement pour lui, le parquet n’a pas relevé appel. Sinon, nous aurions requis cinq ans d’emprisonnement ferme », a-t-il déclaré, demandant la confirmation du jugement.

La défense, quant à elle, a plaidé la clémence.

« Nous plaidons coupable. Ce qui est fait est fait, et c’est mauvais. Nous reconnaissons les faits. Mais nous demandons respectueusement à la Cour d’accorder de larges circonstances atténuantes à notre client », a conclu l’avocate.

La Cour a mis l’affaire en délibéré. La décision sera rendue le 16 mars 2026.

 

Par Sadialiou Barry, pour Judicalex-gn.org 

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