Justice : À Kaloum, Ibrahima Sory 2 Tounkara lie le soutien matériel à l’intégrité

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Le vendredi 27 février 2026, le nouveau Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, a marqué une étape cruciale de sa tournée nationale en se rendant au Tribunal de Première Instance (TPI) de Kaloum. Entre état des lieux alarmant et rappel à l'éthique, cette visite a scellé un dialogue direct entre la chancellerie et les acteurs de cette juridiction névralgique.

Situé dans le centre administratif et économique de Conakry, le TPI de Kaloum est tout sauf une juridiction ordinaire. Pourtant, derrière son importance stratégique, le bâtiment cache une réalité difficile. Le procureur de la République, Mamoudou Magassouba, a dressé un inventaire sans fard des obstacles quotidiens

 

 

Locaux vétustes et exiguïté des bureaux.

Salles d'audience inadaptées et archivage précaire.

Déficit logistique et manque d'équipements modernes.

Bien qu'un projet de rénovation soit validé, il bute sur un obstacle majeur : l'absence d'un site provisoire pour reloger les équipes. Le procureur a donc sollicité l’appui personnel du ministre pour débloquer cette situation et permettre le lancement des travaux.

 

 

La présidente du tribunal, Aïssatou Sacko, a salué la nomination d'un magistrat de carrière à la tête du ministère, y voyant un signe fort pour la profession. Citant Karl Marx pour souligner que les conditions matérielles façonnent la conscience professionnelle, elle a plaidé pour un environnement de travail digne. Pour elle, l'efficacité de la justice est intrinsèquement liée au bien-être de ses agents (magistrats, greffiers et personnel administratif).

De son côté, Ibrahima Sory 2 Tounkara a joué la carte de l'empathie et de l'exigence. Ancien de la maison, il a rappelé avec émotion avoir connu l'époque où l'on siégeait à la bougie. S'il reconnaît la légitimité des revendications, il a néanmoins placé les acteurs judiciaires face à leurs responsabilités 

 

 

« Avant de demander davantage, montrons que nous avons envie d’être aidés », a martelé le Garde des Sceaux.

Pour le ministre, la crédibilité de la justice guinéenne repose avant tout sur l'intégrité de ceux qui la rendent. Il a exhorté le personnel à l’exemplarité, rappelant que Kaloum, par sa position centrale, traite des dossiers économiques et politiques hautement sensibles.

 

 

Cette visite ne s'est pas limitée à des promesses protocolaires. Elle a mis en lumière le paradoxe d'une juridiction vitale mais démunie. Si le dialogue est désormais ouvert, le succès de cette réforme dépendra d'un équilibre fragile : l'engagement de l'État à moderniser les infrastructures contre l'engagement des magistrats à servir avec une éthique irréprochable.

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

 

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