Justice ! Ibrahima Sory 2 Tounkara plaide pour l’efficacité judiciaire au TPI de Dixinn

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Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory 2 Tounkara, s’est rendu ce mercredi 25 février 2026 au Tribunal de première instance (TPI) de Dixinn pour une visite de prise de contact, marquée par un retour sur ses années de présidence au sein de cette juridiction. Cette démarche symbolique a souligné son attachement à l’institution et sa connaissance des réalités locales. Il était accompagné d’une importante délégation composée des membres de son cabinet, de cadres de son ministère et du Procureur général près la Cour d’appel de Conakry. L’accueil a été chaleureux, avec la présence du président du tribunal, du procureur et des auxiliaires de justice.

Dans son allocution, le ministre n’a pas éludé les difficultés auxquelles le TPI de Dixinn est confronté. « Il serait illusoire d’ignorer les constats actuels qui ternissent l’image de notre maison », a-t-il déclaré, dénonçant les retards persistants dans le traitement des dossiers, qu’ils soient pénaux ou civils. Il a évoqué la multiplication des renvois successifs, des dossiers audiencés sans préparation technique, des décisions rédigées tardivement et l’accumulation des procédures en instance.

S’appuyant sur des données précises, il a indiqué que 167 procès-verbaux avaient déjà été enregistrés à cette période de l’année, illustrant le volume de travail considérable du tribunal.

« Le tribunal de Dixinn est l’une des juridictions les plus importantes. C’est le plus grand parquet du pays. Si on ne fait pas vite, on se retrouve débordés », a-t-il averti.

Au-delà des dysfonctionnements organisationnels, le ministre a mis en lumière leurs conséquences concrètes. Dans le domaine pénal, les lenteurs entraînent une augmentation du nombre de détenus en attente de jugement, l’allongement des détentions provisoires, le surpeuplement carcéral et des conditions sanitaires dégradées, avec un risque accru de maladies en milieu pénitentiaire. « La chaîne pénale ne peut fonctionner efficacement si chaque maillon n’assume pleinement sa mission », a-t-il insisté.

En matière civile, ces retards prolongés fragilisent la sécurité juridique, découragent les justiciables et érodent la confiance dans la justice. Pour le ministre, l’indépendance des magistrats doit s’accompagner de discipline, d’organisation et du respect de la hiérarchie administrative. Il a rappelé que chaque acteur siège, parquet, greffe et personnel pénitentiaire joue un rôle spécifique dans le maintien d’un équilibre institutionnel fondé sur la coordination et la responsabilité partagée.

« Le respect des délais de procédure n’est pas une exigence secondaire, il constitue un impératif de bonne administration de la justice », a-t-il conclu, affirmant sa volonté d’insuffler rigueur et efficacité au sein des juridictions.

 

 

Cette visite envoie un message clair à l’ensemble des acteurs judiciaires : il est temps de réformer les pratiques et de renforcer la responsabilisation collective. Face aux défis de l’engorgement des dossiers et des lenteurs procédurales, le ministère vise à restaurer l’efficacité et la crédibilité de la justice, condition indispensable à la protection des droits des citoyens et au renforcement de l’État de droit.

 

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

 

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