Kaloum : Ibrahima Sow et Hawa Sow jugés pour abus de confiance et escroquerie

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LeRenifleur Judicalex Guinée 16/12/2025

Le procès de Hawa Sow, pharmacienne, et d’Elhadj Ibrahima Sow, commerçant, s’est rouvert ce mardi 16 décembre 2025 au tribunal de première instance (TPI) de Kaloum. Les deux prévenus, poursuivis pour abus de confiance et escroquerie, comparaissent libres dans cette affaire.

Selon l’acte d’accusation, ils auraient reçu de la part d’Elhadj Boubacar Diallo, partie civile, un montant de 95 940 dollars américains et 453 millions 600 mille francs guinéens en vue de l’acheminement de deux conteneurs de produits pharmaceutiques et de consommables par l’intermédiaire de leur société de transport. Les marchandises n’ayant jamais été livrées, la victime a saisi la justice.

À la barre, les deux prévenus ont plaidé non coupables, affirmant que les conteneurs auraient été saisis puis incinérés par les autorités compétentes.

« Les deux conteneurs ont été dédouanés dès leur arrivée au port. Ils ne sont pas restés en surestaries. Ils ont été saisis et incinérés par l’État. Nous n’avons jamais demandé à Elhadj Boubacar Diallo de payer 93 millions de francs guinéens pour la surestaries. C’est le transitaire qui lui a réclamé cette somme », a déclaré Hawa Sow.

Son co-prévenu, Elhadj Ibrahima Sow, a abondé dans le même sens :

« Nous avons remis tous les montants au transitaire. Je ne comprends pas pourquoi il a attendu un mois avant de déclarer les marchandises », a-t-il expliqué.

De son côté, la partie civile, Elhadj Boubacar Diallo, a retracé les faits, dénonçant un détournement de ses fonds.

« Tout a commencé le 16 août 2021, lorsque Ibrahima Sow est venu me rencontrer à Madina. Il m’a affirmé disposer d’un agrément et m’a rassuré que je pouvais importer mes marchandises par son intermédiaire. Plus tard, j’ai découvert qu’il ne disposait ni de visa ni d’agrément pour effectuer ces opérations », a-t-il déclaré.

Il poursuit :

« J’ai payé l’intégralité des frais de dédouanement le 24 décembre 2021, avant même l’arrivée des conteneurs. Malgré cela, je n’ai jamais reçu mes marchandises. Elles ont été déclarées au nom d’une autre société, faute d’agrément. J’ai versé tous les montants à Elhadj Ibrahima Sow, pensant que les conteneurs sortiraient le 25 janvier. J’ai respecté toutes les formalités. Pourtant, on m’a réclamé 93 millions de francs guinéens pour la surestaries, puis on m’a annoncé que les conteneurs avaient été saisis et incinérés par l’État. À ce jour, je n’ai vu aucune preuve de l’incinération des seringues », a-t-il affirmé.

Afin d’éclairer le tribunal, l’avocat de la partie civile a sollicité la comparution du transitaire ainsi que la production de l’agrément de la société mise en cause.

Selon la défense de la partie civile, la présence du transitaire, présenté comme celui qui aurait reçu les fonds, est « indispensable », car il constituerait un maillon essentiel dans la manifestation de la vérité. Le ministère public a partagé cet avis.

En conséquence, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 6 janvier 2026 pour la production de l’agrément de la société et la poursuite des débats.

 

Par Sadialiou Barry, pour lerenifleur224.com 

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