Le ministre de la Justice et les acteurs du droit scellent une nouvelle dynamique de concertation

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Le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a entamé ce vendredi 20 février 2026 une série de prises de contact avec les différents corps de métiers du secteur judiciaire. Première étape de cette tournée : une rencontre avec le Ordre national des avocats de Guinée, tenue dans l’une des salles de réunion du Tribunal ad’hoc du 28 septembre.

Accompagné des cadres de son cabinet, le ministre a clairement affiché son intention : privilégier l’écoute plutôt que les discours.

 

 

« Nul n’est sans savoir que le barreau constitue un maillon essentiel du fonctionnement de la justice », a-t-il déclaré d’entrée, soulignant la place centrale des avocats dans l’édifice judiciaire.

Dans une intervention marquée par un ton conciliant, le garde des Sceaux a tenu à rassurer ses interlocuteurs quant au maintien d’une collaboration constructive entre le département de la Justice et le Barreau. Fort de ses 17 années d’expérience sur la chaîne pénale en tant que magistrat, il a affirmé placer la question des droits de l’homme au cœur de son action :

« Cette question des droits de l’homme, je la place comme la boussole même de ma mission. »

Reconnaissant le rôle des avocats comme défenseurs des libertés fondamentales, il s’est dit prêt à les accompagner dans ce combat. Le ministre a également insisté sur la nécessité d’ouvrir davantage la profession par l’organisation de concours, tout en appelant à privilégier le recrutement de juristes compétents et intègres. « Cette maison, il faut qu’on la change ensemble », a-t-il lancé, invitant magistrats, greffiers, avocats, notaires et huissiers à œuvrer collectivement pour redresser le système judiciaire.

Le message est clair : dépasser les corporatismes et analyser « de façon très sereine et responsable » les dysfonctionnements afin d’y apporter des solutions durables.

 

À l’issue de la rencontre, le bâtonnier de l’Ordre national des avocats de Guinée, Mamadou Souaré Diop, a salué l’initiative du ministre. Il a qualifié les échanges de « francs, constructifs et fraternels », affirmant que le Barreau fonde beaucoup d’espoir sur la réussite du nouveau garde des Sceaux.

Interrogé sur les recommandations formulées, le bâtonnier a évoqué la nécessité de veiller au bon fonctionnement du service public de la justice. Il a également insisté sur la question des droits de l’homme, rappelant que le Barreau demeure le gardien des libertés et des droits fondamentaux des citoyens. Parmi les préoccupations soulevées figurent notamment des cas de disparitions et d’arrestations arbitraires, des pratiques jugées préoccupantes dans la cité.

Pour le Barreau, l’enjeu est majeur : faire de la Guinée un véritable État de droit. « Un pays où le droit n’est pas respecté ne peut connaître le développement », a conclu le bâtonnier.

 

 

Cette première prise de contact marque ainsi le début d’une dynamique de concertation entre le ministère de la Justice et les acteurs clés du système judiciaire guinéen. Entre promesse d’écoute, engagement en faveur des droits humains et volonté de réforme, les attentes sont fortes. Reste désormais à traduire ces déclarations d’intention en actions concrètes pour restaurer la confiance des citoyens dans leur justice et consolider l’État de droit en Guinée. D'autres rencontre sont prevues cet après-midi entre Ibrahima Sory 2 Tounkara et la chambre nationale des huissiers de justice de Guinée ainsi que les commissaires prisseurs.

 

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

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