Les visages des condamnés à Boké : perpétuité pour Amara Touré et trois coaccusés

Actu 1

Les audiences criminelles ont officiellement repris ce lundi 23 février 2026 au siège régional du Tribunal de Première Instance de Boké, avec quinze dossiers inscrits au rôle. Cette session marque une étape importante dans le traitement de plusieurs affaires graves impliquant des faits de viol, d’assassinat, de vol à main armée, d’enlèvement d’enfant et d’autres infractions majeures. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée par la lecture solennelle du rôle de l’audience. Les dossiers examinés concernaient notamment Alia Camara (accusé de viol sur mineure), Youssouf Camara (incitation de mineure à la débauche), Alpha Soumah (viol sur mineure), Amara Touré (assassinat), Mamadou Maka Diallo (viol sur mineure), Mamadou Bobo Diallo (viol sur mineure), Mamadian Koulibaly (viol), Lamine Touré alias Lolo (viol sur mineure), Fodé Soumah et Youssouf Diawara (tentative de vol à main armée et association de malfaiteurs), Kadiatou Compo (enlèvement d’enfant), Mamadou Tafsir Bah (assassinat), Lamine Traoré (viol sur mineure), Abdoul Karim Sylla alias Kaye Kaye (association de malfaiteurs, tentative d’assassinat et tentative de vol), Djibril Camara, Seydouba Soumah alias Varane et Souleymane Sylla alias Bellingham (assassinat et tentative d’assassinat), ainsi qu’Amadou Farceur Diallo (dénonciation calomnieuse, occupation illégale, abattage d’arbres et incendie volontaire).

La tenue de ces audiences vise à établir la vérité de manière publique et contradictoire, en confrontant les accusés aux preuves présentées, en garantissant les droits de la défense et en permettant au tribunal de prononcer des peines adaptées après délibération. À l’issue de débats parfois houleux entre le ministère public et la partie civile, le tribunal a rendu plusieurs verdicts marquants :

Amara Touré a été reconnu coupable d’assassinat et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une amende de 100 millions de francs guinéens pour les préjudices causés.

Lamine Traoré a été déclaré coupable de viol et condamné à 20 ans de prison ferme.

Alia Camara a été acquitté des faits de viol mis à sa charge.

Mamadou Maka Diallo, reconnu coupable d’atteinte sexuelle, a écopé d’un an de prison ferme.

Abdoul Karim Sylla alias Kaye Kaye a été déclaré non coupable des faits d’association de malfaiteurs, mais condamné à 15 ans de prison ferme et à une amende de 25 millions de francs guinéens pour d’autres infractions retenues contre lui.

Mohamed Lamine Touré alias Lolo a été condamné à 10 ans de prison ferme.

Kadiatou Compo, reconnue coupable de soustraction d’enfant, a été condamnée à un an et quatre mois d’emprisonnement ainsi qu’à une amende de 5 millions de francs guinéens.

Fodé Soumah et Youssouf Diawara ont été déclarés coupables de vol à main armée et d’association de malfaiteurs, et condamnés à cinq ans de détention criminelle.

Amadou Farceur Diallo a été reconnu coupable d’incendie volontaire, d’occupation illégale et d’abattage d’arbres, et condamné à 10 ans de réclusion criminelle ainsi qu’au paiement d’une amende de 20 millions de francs guinéens.

Mamadou Tafsir Bah a été déclaré coupable d’assassinat et condamné à 30 ans de réclusion criminelle, assortis d’une amende de 50 millions de francs guinéens à titre de dommages.

Youssouf Camara a été acquitté des faits de viol qui lui étaient reprochés.

Mamadou Bobo Diallo a été reconnu coupable de viol et condamné à 15 ans de prison ferme et au paiement d’une amende de 5 millions de francs guinéens.

Mamadian Koulibaly a été déclaré coupable de viol et condamné à trois ans de prison ferme.

Alpha Soumah a été acquitté du crime de viol.

Djibril Camara, Seydouba Soumah alias Varane et Souleymane Sylla alias Bellingham ont été reconnus coupables d’assassinat et condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité.

Cette reprise des audiences criminelles à Boké illustre la volonté des autorités judiciaires de lutter contre l’impunité et de traiter avec fermeté les crimes graves. À travers ces décisions, le tribunal envoie un signal fort en faveur de la protection des victimes et du respect de l’État de droit, tout en rappelant que chaque accusé bénéficie d’un procès équitable fondé sur le principe du contradictoire.

 

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org 

Commentaires

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier à commenter !

Vous devez vous connecter pour commenter cet article.


Articles similaires