Libération de Kassory Fofana : « Ce n’est que par pur humanisme qu’on l’a fait, rien d’autre », dit le procureur Aly Touré

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La Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ordonné la remise en liberté d’Ibrahima Kassory Fofana pour des raisons de santé. La décision a été rendue lors d’une audience solennelle tenue le 5 mars 2026 à Conakry.

C’est le procureur spécial près ladite Cour qui en a fait la demande. Aly Touré a fondé son argumentaire sur un rapport médical transmis par l’administration pénitentiaire. Selon ce document, « Kassory est gravement malade », rapporte le magistrat.

La demande du patron des poursuites a surpris plus d’un, d’autant plus qu’auparavant, il s’était constamment opposé aux multiples demandes de mise en liberté formulées par les avocats du prévenu.

« Ce n’est pas un revirement de situation, c’est dans l’ordre normal des choses. C’est un prévenu qui est hospitalisé depuis belle lurette, depuis son incarcération à la Maison centrale. Il a développé plusieurs pathologies et est resté hospitalisé aux frais de l’État pendant plusieurs années. C’est pourquoi, par humanisme, nous avons nous-mêmes fait la demande à la Cour pour qu’il soit momentanément libéré, afin que la procédure puisse suivre son cours. Ce n’est que par pur humanisme que nous l’avons fait, rien d’autre », a soutenu Aly Touré.

Du côté de la défense, même si la décision de mise en liberté de leur client est jugée tardive, l’essentiel est désormais acquis. Maître Sidiki Bérété considère cette mesure comme un acte d’apaisement. Il souhaite toutefois que la Cour aille plus loin.

 

 

« Mieux vaut tard que jamais. J’avoue que même libre, il ne peut pas rentrer à la maison, car il doit rester sous soins intensifs. Nous demandons à la justice d’aller au-delà de cette liberté provisoire et de lui donner la possibilité de se faire soigner, ou d’accélérer les débats afin qu’une décision définitive soit rendue au fond. Cela lui permettrait de se soigner correctement. Même libre, il restera à l’hôpital parce qu’il est sous soins intensifs. Et comme la pathologie qu’il a développée ne peut pas être soignée en Guinée, faute de plateau technique approprié, nous demandons à l’État et à la justice d’aller dans le sens de l’apaisement et de lui permettre de se faire soigner », a déclaré l’avocat.

En attendant, la procédure suit son cours normal. Le prévenu Kassory Fofana est attendu devant la CRIEF le 26 mars prochain. S’il ne se présente pas à cette date, la Cour pourrait clôturer les débats et ordonner aux différentes parties au procès de présenter leurs réquisitions et plaidoiries.

Il convient de rappeler que le 26 novembre 2024, le dernier Premier ministre d’Alpha Condé a été déclaré coupable de « détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux » par la Chambre de jugement de la CRIEF. Il a ensuite été condamné à cinq ans d’emprisonnement, assortis d’une lourde amende, ainsi qu’à la confiscation de ses biens au profit de l’État.

C’est contre cette décision qu’il a interjeté appel. Obtiendra-t-il gain de cause ? L’avenir nous le dira.

 

 

Par ODD, pour Judicalex-gn.org

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