Mafanco : le ministre Ibrahima Sory 2 Tounkara exige une justice plus rapide, plus rigoureuse et plus responsable

Actu 1

Le vendredi 27 février 2026, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory 2 Tounkara, s’est rendu au Tribunal de Première Instance de Mafanco dans le cadre d’une tournée nationale entamée depuis plusieurs jours au sein des juridictions du pays. Cette visite de travail, effectuée en présence de membres de son cabinet, du Procureur général près la Cour d’Appel de Conakry et de hauts responsables du département, visait à apprécier le fonctionnement des services judiciaires et à réaffirmer les standards attendus dans l’exercice de l’action judiciaire.

 

 

Devant les magistrats du siège et du parquet, les greffiers ainsi que le personnel administratif, le ministre a clarifié la portée de sa démarche. Il a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait ni d’une visite protocolaire ni d’un simple symbole institutionnel, mais d’une initiative destinée à impulser une dynamique nouvelle fondée sur la discipline, l’efficacité et la rigueur professionnelle.

 

 

Dans une intervention directe et structurée, il a rappelé que la justice constitue le fondement même de l’État de droit. À ce titre, elle ne peut tolérer ni retards excessifs ni approximations. Les renvois injustifiés, les lenteurs dans la rédaction des décisions et les délais de traitement prolongés compromettent, selon lui, le droit du justiciable à être jugé dans un délai raisonnable. La célérité ne relève pas d’une contrainte administrative, mais d’une exigence juridique essentielle et d’une garantie fondamentale des libertés.

Abordant la matière pénale, le Garde des Sceaux a mis en garde contre les effets des dysfonctionnements procéduraux. Les retards dans l’instruction et le jugement des dossiers contribuent à l’allongement des détentions provisoires, accentuent la surpopulation carcérale et fragilisent les conditions de détention. Il a souligné que la privation de liberté demeure une mesure grave, qui ne saurait être prolongée en raison d’inefficacités organisationnelles. Le respect strict des délais procéduraux constitue ainsi une obligation à la fois légale et constitutionnelle.

 

 

Le ministre a appelé à un renforcement de la coordination entre le parquet, le siège, le greffe et l’administration pénitentiaire, estimant que chaque maillon de la chaîne pénale doit assumer pleinement ses responsabilités pour garantir un traitement fluide et équitable des dossiers.

Sur le plan civil, il a relevé que les lenteurs judiciaires engendrent une insécurité juridique préjudiciable à la stabilité sociale et au développement économique. Les retards dans le règlement des litiges, notamment fonciers et commerciaux, freinent les investissements, nourrissent les tensions et affaiblissent la confiance des acteurs économiques. Une justice civile inefficace, a-t-il averti, compromet directement l’équilibre social et la crédibilité institutionnelle.

Tout en réaffirmant l’indépendance du siège et l’autonomie fonctionnelle du parquet, le ministre a précisé que ces principes ne sauraient être interprétés comme un relâchement organisationnel. L’indépendance n’exclut ni la discipline collective ni l’obligation de respecter les délais et les procédures. L’autorité de la justice repose également sur la ponctualité des audiences, la qualité rédactionnelle des décisions et la cohérence institutionnelle.

À l’issue de son intervention, plusieurs orientations concrètes ont été formulées afin d’améliorer le fonctionnement de la juridiction : respect strict des horaires d’audience, élaboration de rôles réalistes et techniquement préparés, limitation rigoureuse des renvois avec obligation de motivation, rédaction diligente des décisions, traitement prioritaire des dossiers impliquant des détenus, établissement périodique d’un état des détentions provisoires et mise en place d’un plan de résorption des affaires anciennes.

Le ministre a également préconisé l’instauration d’indicateurs de performance juridictionnelle, portant notamment sur les délais moyens de traitement, le taux de renvoi, le volume des décisions rendues et la situation des personnes en attente de jugement. Pour lui, une justice moderne doit conjuguer efficacité, évaluation et responsabilité, sans jamais dissocier performance institutionnelle et respect des droits humains.

Considéré comme un maillon central du dispositif judiciaire national, le Tribunal de Première Instance de Mafanco est appelé à devenir un modèle en matière de discipline d’audience, de rapidité procédurale et de qualité décisionnelle.

Reconnaissant les contraintes liées à la charge de travail, aux moyens matériels et à la pression sociale, Ibrahima Sory 2 Tounkara a toutefois estimé que ces difficultés ne sauraient justifier un affaiblissement de l’organisation. L’exigence républicaine, a-t-il rappelé, doit demeurer le cap de l’action judiciaire.

À travers cette étape à Mafanco, le message est sans équivoque : la modernisation de la justice passe d’abord par une transformation des pratiques quotidiennes. Discipline, respect des délais, culture du résultat et responsabilité partagée constituent désormais les fondements de l’action attendue au sein des juridictions. Il appartient désormais aux acteurs judiciaires de traduire ces orientations en résultats tangibles afin de consolider la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire et dans l’État de droit.

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

 

Commentaires

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier à commenter !

Vous devez vous connecter pour commenter cet article.


Articles similaires