Mamou : Trois affaires criminelles examinées au TPI dans un climat de forte tension judiciaire

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Les audiences criminelles se poursuivent au Tribunal de Première Instance (TPI) de Mamou dans une atmosphère à la fois solennelle et fortement sécurisée. Ce lundi 9 mars 2026, trois affaires particulièrement graves étaient inscrites au rôle, suscitant un vif intérêt au sein de l’opinion publique dans cette ville carrefour.

La séance, présidée par le juge Mamadou Yaya Sow, a été marquée par des échanges soutenus entre les différentes parties, ponctués par les réquisitions du ministère public et la mise en délibéré de certains dossiers. Les trois accusés, actuellement détenus à la maison d’arrêt de Mamou, comparaissent pour des faits d’une grande gravité.

Parmi eux figure Thierno Sadou Diallo, incarcéré depuis le 17 novembre 2025, poursuivi pour le meurtre de Thierno Abdoulaye Sow. Idrissa Bah, détenu depuis le 6 novembre 2025, est quant à lui accusé de coups et blessures volontaires, de destruction de biens privés, de vol ainsi que d’incendie volontaire au préjudice de Mme Aïcha Diallo. Le troisième prévenu, Ousmane Barry, placé en détention depuis le 31 décembre 2025, répond d’une accusation d’assassinat dans une affaire impliquant Boubacar Barry.

Interrogé à l’issue de l’audience, le substitut du procureur près le TPI de Mamou, M. Daman Kourouma, a dressé le bilan de cette journée judiciaire. Selon lui, trois dossiers étaient effectivement programmés et les débats ont pu être menés à terme pour deux d’entre eux. Ces affaires ont été mises en délibéré par le président du tribunal, avec des décisions attendues ce mardi 10 mars. En revanche, la troisième affaire portant sur un assassinat a été partiellement examinée avant d’être renvoyée au lendemain en raison de l’absence d’une des parties civiles.

Le magistrat est également revenu sur les circonstances de l’affaire d’assassinat impliquant Ousmane Barry, survenue dans la localité de Saramoussaya. D’après les éléments évoqués au cours de l’audience, le drame serait né d’un différend familial lié à la cueillette d’oranges sans autorisation. Ce conflit aurait rapidement dégénéré et, dans un accès de colère, l’accusé aurait fait usage d’un fusil, tirant à bout portant sur la victime.

Au cours de l’audience, le ministère public s’est montré particulièrement ferme dans ses réquisitions. Dans le dossier de meurtre, le parquet a requis une peine de 20 ans de réclusion criminelle contre l’accusé. Dans la seconde affaire, liée à des coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur un présumé voleur de bétail, une peine de 10 ans de réclusion a été demandée.

S’agissant du dossier impliquant des faits de vol et d’incendie volontaire, le substitut du procureur a rappelé que la loi prévoit qu’en cas de pluralité d’infractions, la peine retenue doit être celle correspondant à l’infraction la plus grave. Dans ce cas précis, il s’agit de l’incendie volontaire, une infraction passible de la réclusion criminelle à perpétuité si les faits sont établis.

Présent à l’audience, Me Amadou Oury Binta Bah, avocat au Barreau de Guinée venu de Conakry, s’est félicité du déroulement de la procédure. Il a salué la sérénité qui a marqué les débats et le sens des responsabilités dont ont fait preuve les magistrats dans la conduite des échanges. Selon lui, chaque partie a pu s’exprimer librement : le ministère public en exposant ses accusations et la défense en présentant ses arguments et ses plaidoiries.

Les décisions relatives aux deux premiers dossiers sont attendues ce mardi 10 mars, tandis que le procès pour assassinat devrait reprendre avec la poursuite des débats.

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org 

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