Meurtre de Joseph Dioubaté à Kamsar : la présumée auteure plaide non coupable au TPI de Kaloum

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LeRenifleur Judicalex Guinée 16/01/2026

Le procès de Brigitte Kolko Lamah s’est ouvert ce vendredi 17 janvier 2026 devant le tribunal criminel de Kaloum. Elle est accusée d’avoir ôté la vie à son mari, Joseph Dioubaté, par un coup de pied porté au niveau de ses parties génitales. Elle plaide non coupable, tout en reconnaissant avoir donné « un coup de pied » au défunt pour se défendre. L’incident s’est produit en août 2024 à Kamsar, dans la préfecture de Boké. Après les faits, Brigitte Kolko Lamah a été arrêtée et placée sous mandat de dépôt le 25 août 2024.

Son procès s’est ouvert ce vendredi devant le tribunal de première instance de Kaloum. Elle est poursuivie pour coups et blessures, violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

À la barre, l’accusée rejette en bloc les accusations portées contre elle. Elle explique que le coup porté à son mari est survenu lors d’une altercation 

« Au cours de la bagarre, je lui ai donné un coup de pied à la main. Sa main se trouvait au niveau de ses parties génitales. Il s’est blessé et a été transporté à l’hôpital où il a subi une opération. Après l’opération, le saignement n’a pas cessé et il est finalement décédé de ses blessures à 6 heures du matin. L’altercation a eu lieu le 2 août 2024 à 3 heures. Le lundi 5 août, l’intervention chirurgicale a été réalisée, mais le saignement n’a pas cessé, et il est décédé le 8 août. J’ai donné ce coup pour me défendre, et non pour le tuer », a expliqué l’accusée.

Après cette déposition, la partie civile, Tossany Loua, sage-femme de profession et mère biologique de la victime, a pris la parole. Elle a annoncé qu’elle se désistait de son action 

« C’est le jeudi 2 août 2024 que la bagarre a eu lieu. Il saignait. Il a attendu jusqu’au samedi pour m’appeler et m’a dit : "Maman, j’ai eu un accident de moto." Mais ce n’était pas un accident : c’était sa partie intime qui avait été touchée. Il a été évacué à l’hôpital Ignace Deen. Après l’intervention, il est décédé. Son corps a été ramené à Kamsar, et c’est là que j’ai compris ce qui s’était vraiment passé. Les gens m’ont expliqué que ce n’était pas un accident de moto, mais qu’il avait été battu par Brigitte. Je ne doutais pas de cela, car je connais Brigitte : elle est violente et frappe son mari. La jeunesse de Kamsar s’est levée pour manifester contre elle. Mais moi, j’ai pardonné. Je maintiens mes déclarations : le seul juge dans ce monde, c’est Dieu », a lancé dame Tossany Loua.

Dame Pauline Dioubaté, sœur de la victime, a été entendue à titre de simple renseignement. Elle a affirmé avec fermeté que Brigitte était responsable de la mort de son frère :

« C’est Brigitte qui a blessé son mari, et c’est suite à ces blessures qu’il est décédé. Elle n’a pas porté assistance à mon frère, qui est resté seul à l’hôpital. Elle ne s’est pas occupée de lui du début à la fin. Elle le battait souvent », a témoigné Pauline Dioubaté.

Au terme de cette déposition, le procureur Biwon Milimono a demandé au tribunal de requalifier les faits de coups et blessures en meurtre, estimant que l’acte avait été prémédité :

« Elle a visé la partie intime de son mari. On pourrait comprendre un geste violent au niveau du visage, mais pas ici. Ensuite, elle est sortie à 2 heures du matin pour revenir à 4 heures afin d’agresser monsieur Dioubaté. Nous demandons donc la requalification des faits et l’ouverture des débats sur cette base », a soutenu le procureur.

En réplique, la défense a demandé au tribunal de ne pas suivre cette demande, insistant sur le fait qu’il s’agissait de coups et blessures involontaires ayant entraîné la mort :

« Il s’agit de coups et blessures involontaires qui ont causé la mort sans intention de la donner », a insisté la défense.

Finalement, le tribunal a décidé de « joindre la demande de requalification au fond » et a renvoyé l’affaire au 6 février 2026 pour la suite des débats.

 

 

Par Sadialiou Barry, pour lerenifleur224.com

 

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