Mort de Liu Jun à Conakry : « Il a cogné sa tête contre une barre de fer », se défend l’accusé au TPI de Kaloum

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L’accusé Alhousseiny Diallo, poursuivi pour « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », est désormais fixé sur son sort. Le tribunal criminel de Kaloum l’a déclaré coupable des faits mis à sa charge, ce vendredi 3 avril 2026. Il écope d’une peine de deux ans d’emprisonnement ferme.

Alhousseiny Diallo était traduit en justice pour avoir « mortellement administré des coups » à Liu Jun, un ressortissant chinois.

Les faits se sont produits à bord d’un navire sur lequel travaillaient le défunt et l’accusé. C’est dans ce bateau qu’une altercation a éclaté entre les deux hommes, entraînant finalement la mort du ressortissant chinois. À la suite de l’enquête, Alhousseiny Diallo a été arrêté et placé sous mandat de dépôt depuis le 25 juin 2025. L’affaire a été jugée ce vendredi devant le tribunal criminel de Kaloum.

À la barre, l’accusé a plaidé non coupable. Il a affirmé avoir été « menacé et pourchassé » par le défunt, soutenant avoir été provoqué par Liu Jun.

« Il m’a poursuivi dans le bateau avec un couteau à la main. J’ai pris la fuite pour aller informer les responsables du navire. C’est en me poursuivant qu’il a trébuché dans les escaliers et qu’il a cogné sa tête contre une barre de fer », a expliqué l’accusé.

De son côté, le ministère public, représenté par Madame Djéné Cissé, a évoqué une insuffisance de preuves dans cette affaire. Elle a également dénoncé plusieurs manquements au niveau de l’enquête préliminaire.

« De l’enquête préliminaire jusqu’à la barre, aucun membre de l’équipage n’a été entendu pour éclairer la religion du tribunal. Même le capitaine du navire n’a pas été auditionné afin de recueillir des éléments de preuve permettant de comprendre les circonstances des faits. S’il n’y a pas de preuves, on ne peut pas en inventer. Chacun a sa responsabilité. Nous demandons l’acquittement de l’accusé pour cause de légitime défense », a requis le ministère public.

La défense, quant à elle, a décliné toute responsabilité pénale et sollicité de larges circonstances atténuantes.

« Le défunt poursuivait mon client avec une arme blanche. Il a trébuché dans les escaliers et a cogné sa tête contre une barre de fer, ce qui a entraîné sa mort. Mon client était en fuite, sous la contrainte. Nous demandons de larges circonstances atténuantes et sa condamnation au temps déjà passé en détention », a plaidé la défense.

En statuant séance tenante, le tribunal a déclaré l’accusé coupable des faits mis à sa charge et l’a condamné à deux ans d’emprisonnement ferme.

 

Par Sadialiou Barry, pour Judicalex-gn.org 

 

 

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