Naturalisation d’étrangers en Guinée : ce que dit la loi après le cas Jonathan Majors selon Kalil Camara (Juriste)

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LeRenifleur Judicalex Guinée 12/01/2026

La Guinée a vécu, ce jeudi 9 janvier 2026, un moment à la fois symbolique, culturel et stratégique avec l’accueil officiel de deux grandes figures du cinéma hollywoodien : Jonathan Majors et Meagan Good Majors. Cette visite, inscrite dans le cadre du programme de promotion nationale Branding Guinée (La Guinée 3 Fé), a marqué une étape majeure dans la diplomatie culturelle du pays.

À l’issue de cette initiative, les deux acteurs ont été naturalisés guinéens et se sont vu remettre des passeports diplomatiques. Ils deviennent ainsi ambassadeurs de la culture guinéenne, avec pour mission de contribuer au rayonnement international du pays à travers leur notoriété et leur engagement artistique. Une décision qui n’a pas manqué de susciter des réactions et des interrogations au sein de l’opinion publique, notamment sur le plan juridique.

Face aux débats soulevés par cette naturalisation, le juriste Kalil Camara a apporté, ce lundi 12 janvier 2026, des précisions sur le cadre légal encadrant la naturalisation des étrangers en droit guinéen. Selon lui, la naturalisation est un mode d’acquisition de la nationalité accordé par décret présidentiel, conformément aux articles 86 à 102 du Code civil.

 

 

Le droit guinéen repose essentiellement sur deux conditions majeures : la résidence en Guinée et l’adhésion à la communauté guinéenne. En principe, l’étranger doit justifier d’une résidence habituelle de cinq années précédant la demande de naturalisation, résidence qui doit être légale et effective. Toutefois, la loi prévoit des exceptions, notamment pour les personnes ayant rendu des services importants ou exceptionnels à la Guinée, ou dont la naturalisation présente un intérêt particulier pour l’économie ou la culture nationale. Dans ces cas, le délai de résidence peut être réduit, voire totalement dispensé.

La seconde condition porte sur l’assimilation à la communauté guinéenne. Celle-ci se manifeste par la connaissance d’au moins une langue nationale, de l’histoire et de la culture du pays, ainsi que par l’adhésion aux valeurs et principes fondamentaux de la République. Le législateur exclut également toute personne ayant fait l’objet de condamnations graves, sauf en cas de réhabilitation prévue par la loi.

Ces précisions juridiques visent à rappeler que la naturalisation, même lorsqu’elle concerne des personnalités internationales, s’inscrit dans un cadre légal strict, tout en laissant une marge d’appréciation à l’État lorsqu’un intérêt supérieur pour la nation est démontré.

La naturalisation de Jonathan Majors et Meagan Good Majors illustre la volonté de la Guinée de renforcer son influence culturelle à l’échelle mondiale, tout en s’appuyant sur les dispositions prévues par son arsenal juridique. Entre stratégie de rayonnement international et respect du droit, cet événement marque une nouvelle orientation de la diplomatie culturelle guinéenne, appelée à susciter autant d’adhésion que de débats au sein de la société.

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org 

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