Offense au chef de l’État, menaces et injures : « J’étais dans un état d’ivresse », avoue la vlogueuse Mariama MC Camara devant la Cour d’appel

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Le procès en appel de la vlogueuse Mariama Ciré MC Camara s’est poursuivi ce lundi 30 mars 2026 devant la Cour d’appel de Conakry. Elle est poursuivie pour offense au chef de l’État, injures publiques, menaces, ainsi que pour atteinte à l’ordre et à la sécurité publics par le biais d’un système informatique.

Placée en détention depuis le 10 novembre 2025, la prévenue est accusée d’avoir proféré des injures et des menaces à l’encontre du président de la République, Mamadi Doumbouya. Devant Alphonse Charles Wright, premier président de la Cour d’appel de Conakry, elle a reconnu avoir tenu ces propos alors qu’elle se trouvait « dans un état d’ivresse ». En sanglotant, elle a présenté ses excuses au chef de l’État, au peuple guinéen et à toute personne s’étant sentie « heurtée » par ses propos.

À l’ouverture de l’audience, Maître Babaen Camara, avocat de la défense, a pris la parole pour exposer les motifs de l’appel. Il a estimé que le tribunal d’instance n’avait pas fait preuve de clémence à l’égard de sa cliente.

« Cette dame mérite une certaine clémence. Elle a reconnu les faits, mais le juge d’instance n’a pas tenu compte des circonstances atténuantes. Elle a été condamnée à cinq ans d’emprisonnement ferme. Elle a quitté l’Europe pour venir soutenir le président de la République. Elle ne peut pas être contre lui. Nous sommes donc devant vous pour solliciter votre indulgence », a déclaré l’avocat.

De son côté, le ministère public, représenté par Ousmane Sankhon, a estimé que le juge d’instance avait correctement appliqué la loi. Il s’est dit « désolé » des propos tenus par la prévenue.

Il a également indiqué à la cour qu’une clé USB placée sous scellés contient les propos incriminés. À cet effet, l’avocat général a demandé le renvoi de l’affaire à huitaine afin de mettre cette pièce à la disposition de la cour.

Invitée à s’exprimer, la prévenue a livré sa version des faits. Elle a expliqué qu’elle se trouvait à la fois « frustrée » et dans un état d’ivresse au moment des faits.

« J’ai volontairement décidé de soutenir le président de la République. J’ai beaucoup investi pour cela. J’ai mobilisé près de 300 personnes. D’autres blogueurs sont venus après moi et ont été récompensés, mais moi je n’ai rien reçu. C’est ce qui a provoqué ma frustration. Si mes propos ont heurté quelqu’un, je demande pardon. J’étais dans un état d’ivresse », a-t-elle déclaré en sanglotant.

La Cour d’appel a finalement renvoyé l’affaire au 13 avril 2026 pour la diffusion de la vidéo incriminée et la poursuite des débats.

 

 

 

Par Sadialiou Barry, pour Judicalex-gn.org 

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