Plénière au CNT : La Guinée adopte un statut officiel pour ses anciens dirigeants

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​Ce mardi 10 février 2026, le Conseil National de la Transition a franchi une étape historique en votant la loi organique encadrant la vie des anciens chefs de l’État. Entre garanties sécuritaires et avantages financiers, ce texte vise avant tout à lever les freins à l’alternance démocratique.

​L'hémicycle a donné son feu vert à une large majorité. Cette nouvelle législation, structurée en sept titres, ne se contente pas de fixer des chiffres ; elle porte une ambition politique claire : sécuriser le départ du pouvoir pour éviter les crispations autoritaires.

​Pour Jean Paul Kotembendouno, rapporteur de la Commission des Lois, la démocratie est un investissement.

« Les chefs de l’État sont davantage disposés à se retirer lorsqu’ils ont l’assurance que leur sécurité sera préservée et que leurs biens ne feront pas l’objet de saisies arbitraires », a-t-il plaidé, rappelant que l'alternance exige des mécanismes incitatifs concrets. L'adoption du texte ne s'est pas faite sans d'intenses tractations en commissions. Plusieurs points de friction ont nécessité des ajustements majeurs :

​Le personnel : Si les anciens présidents bénéficieront d'un cabinet et de personnel domestique, les conseillers ont fermement rejeté l'idée d'intégrer automatiquement ces employés à la fonction publique.

​Les ayants droit : La question de la protection des héritiers a finalement été écartée du texte final. ​L'immunité et l'étranger : Les privilèges diplomatiques pour ceux résidant hors du pays ainsi que l'immunité civile ont fait l'objet de clarifications rigoureuses.

​Les avantages financiers : Le texte fixe désormais une indemnité annuelle spécifique pour la représentation des anciens dirigeants lors des cérémonies nationales. Attendue depuis longtemps, cette loi répond à l’article 74 de la Constitution. Elle vient combler un vide juridique qui concernait jusqu'ici trois figures majeures de l'histoire récente du pays : Alpha Condé, Sékouba Konaté et Moussa Dadis Camara.

​En institutionnalisant le respect dû aux anciens dirigeants et à leurs conjoints, la Guinée espère transformer la passation de pouvoir, autrefois source de tensions, en un acte administratif et républicain apaisé.

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

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