Pratique de l’excision sur six fillettes à Kassa : les auteures de l’acte devant la Cour d’appel de Conakry

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LeRenifleur Judicalex Guinée 26/01/2026

Le procès en appel de Boundouka Hawa Camara, exciseuse, et de Mabinty Bangoura s’est ouvert ce lundi 26 janvier 2026 devant la Cour d’appel de Conakry. Les deux femmes sont poursuivies pour avoir pratiqué l’excision sur six fillettes dans la commune insulaire de Kassa. Au mois d’août dernier, elles avaient été condamnées chacune à un an de prison ferme par le tribunal de première instance de Kaloum. Après six mois de détention, elles ont interjeté appel. Après l’évocation du dossier ce lundi, la Cour d’appel a ordonné leur mise en liberté provisoire et renvoyé l’affaire au 16 février 2026 pour les réquisitions et les plaidoiries.

Dans cette affaire, quatre prévenues avaient été inculpées. Il s’agit de Boundouka Hawa Camara (exciseuse), de Mabinty Bangoura, grand-mère de l’une des victimes, ainsi que de Mamata Soumah et de Fatoumata Camara. Elles étaient toutes poursuivies pour avoir pratiqué l’excision sur six fillettes dans la commune de Kassa.

Selon nos informations, c’est à la demande de Mabinty Bangoura que Boundouka Hawa Camara a procédé à l’excision des enfants. Après l’intervention, l’une des victimes, âgée de cinq ans, a développé de graves complications médicales, accompagnées d’un important saignement. Elle a finalement été transportée à l’hôpital Ignace Deen. Cette situation a permis aux autorités judiciaires de découvrir le drame, notamment à travers les organisations de défense des droits des femmes. Les quatre femmes ont alors été interpellées et placées sous mandat de dépôt le 20 août 2025.

Jugées par le tribunal de première instance de Kaloum, elles ont été condamnées le 29 août 2025. Boundouka Hawa Camara et Mabinty Bangoura ont écopé chacune d’un an de prison ferme, tandis que Mamata Soumah et Fatoumata Camara ont été condamnées à cinq mois d’emprisonnement ferme.

C’est contre cette décision que Boundouka Hawa Camara et Mabinty Bangoura ont relevé appel devant la Cour d’appel de Conakry. Devant cette juridiction, leur avocat a sollicité de larges circonstances atténuantes.

Selon la défense, ses clientes sont « âgées et analphabètes ». « Elles n’ont jamais été à l’école et ignoraient que l’excision est interdite par la loi guinéenne. Elles pensaient accomplir une coutume. Aujourd’hui, elles ont compris que cette pratique est illégale. Nous demandons à la Cour de leur accorder de larges circonstances atténuantes et d’ordonner leur mise en liberté », a plaidé l’avocat.

Sur cette demande de mise en liberté, l’avocat général ne s’est pas opposé. Finalement, la Cour a ordonné la mise en liberté provisoire des prévenues et renvoyé l’affaire au 16 février 2026 pour la phase des réquisitions et des plaidoiries.

 

Par Sadialiou Barry, pour Judicalex-gn.org

 

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