Présumé détournement de deniers publics : la CRIEF ordonne la poursuite des débats malgré l’absence de contre-expertise

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Renvoyée à l’audience de ce lundi 9 février 2026 pour la production du rapport de contre-expertise sollicité auprès du cabinet Grant Thornton, la procédure a connu un nouveau rebondissement. Le cabinet a finalement décidé de ne pas donner suite à la demande, invoquant un défaut de paiement de ses honoraires.

Une décision que les avocats de Mamadi Camara, poursuivi pour détournement de deniers publics, corruption, blanchiment d’argent et enrichissement illicite, estiment opportune. Pour la défense de l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, la question de savoir quelle partie devait supporter les frais de la contre-expertise, telle que sollicitée par le parquet spécial, ne constitue qu’un retard supplémentaire dans la procédure.

« Cela fait plus d’un (1) an que Mamadi ne parvient pas à obtenir la contre-expertise. À l’impossible, nul n’est tenu. Nous vous prions de passer outre la contre-expertise et d’ordonner la continuation des débats afin que notre client soit situé sur son sort », a plaidé Maître Lanciné Sylla.

Lors de la précédente audience, le caractère provisoire du rapport de l’Inspection générale d’État (IGE), déposé sur la table de la CRIEF, avait été largement débattu. La défense avait formulé plusieurs observations, estimant le document non crédible. Une appréciation que le parquet spécial continue de rejeter.

Pour le substitut du procureur spécial, à défaut de voir aboutir la demande de contre-expertise, il est nécessaire que la Cour, présidée par Yagouba Conté, ordonne à l’IGE de passer à l’étape suivante.

« Entre le rapport provisoire et le rapport définitif, il n’y a qu’un pas. Nous vous demandons donc d’ordonner à l’Inspection générale d’État de produire un rapport définitif, en tenant compte des observations formulées par la personne jugée », a requis Amiata Kaba.

Peu convaincue par cette option, la défense campe sur sa position et rejette systématiquement le rapport de l’IGE, qu’elle juge contraire au principe du contradictoire. Selon elle, le document devrait être écarté, au motif que son client n’a jamais été entendu par les inspecteurs.

« L’IGE est un démembrement de l’État. Nous n’avons aucune preuve qu’elle produira un rapport en toute indépendance et impartialité. Nous vous demandons de passer outre cette demande », a soutenu Maître Lanciné Sylla.

Sur cette requête, le juge ne s’est pas immédiatement prononcé. Toutefois, Yagouba Conté a décidé de surseoir à la contre-expertise du rapport de l’Inspection générale d’État et d’ordonner la continuation des débats à compter du 18 février prochain.

 

 

Par ODD pour Judicalex-gn.org

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