Procès du 28 septembre 2009 : Blessé par balle, Bangaly Diané témoigne devant le tribunal

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LeRenifleur Judicalex Guinée 19/01/2026

La suite du second volet du procès des événements du 28 septembre 2009 s’est poursuivie ce lundi 19 janvier devant le tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la Cour d’appel de Conakry. Après la comparution du colonel Bienvenu Lamah et de ses coaccusés, le tribunal a entamé l’audition des victimes de coups et blessures volontaires liés à ce massacre, afin qu’elles livrent leur version des faits.

À la barre, Bangaly Diané, chauffeur de profession et père de six enfants, est revenu sur les circonstances de sa blessure. Atteint par balle au genou lors des événements du 28 septembre au stade de Conakry, il souffre encore aujourd’hui de complications à la jambe gauche, seize ans après les faits.

Dans sa déposition, il a expliqué :

« Quand j’ai vu la foule arriver, je les ai suivis jusqu’au stade. À l’entrée, on a été un peu retardés. J’ai vu le colonel Thiéboro, puis nous avons forcé pour entrer. Une fois sur la pelouse, nous avons vu que les bérets rouges tiraient. C’est là que j’ai été touché au niveau du genou. Des personnes m’ont secouru et conduit dans une cour à Camayenne. Par la suite, ma famille m’a envoyé à Benna Moussayah, mais la plaie s’aggravait. J’ai ensuite appris que d’autres blessés étaient évacués à Donka. Je me suis rendu à Ignace Deen où le Dr Tafsir m’a examiné. Il a proposé l’amputation, mais ma grande sœur a refusé. J’ai ensuite été évacué à Kamsar, sans succès, avant de revenir à Conakry. Finalement, ma famille m’a envoyé en Tunisie. Là-bas, j’ai été opéré et on m’a posé une tige métallique dans la jambe, en passant par le genou. Ce fer me fait encore très mal, surtout quand je marche longtemps. »

Interrogé par le juge Aboubacar Thiam sur les raisons pour lesquelles il ne s’était pas rendu à l’hôpital immédiatement après les faits, la victime a répondu :

« J’avais peur, parce que les gens disaient que si on allait à l’hôpital, on risquait d’être tué. C’est pour cela que je n’y suis pas allé. »

Le juge lui a également demandé pourquoi il n’avait pas été entendu à l’ouverture du procès. Bangaly Diané a précisé qu’il se trouvait alors hors du pays pour des soins médicaux.

De son côté, le ministère public a interrogé la victime sur l’identité des auteurs des tirs. Il a déclaré :

« Ce qui s’est passé là-bas, on ne peut pas tout expliquer. Dieu seul connaît la vérité. Ce sont les bérets rouges qui ont tiré sur moi. À l’esplanade du stade, il y avait aussi des gendarmes. Personnellement, ils ne m’ont pas agressé, mais ils criaient sur les gens en leur demandant pourquoi ils étaient venus au stade. Il y avait aussi des éléments en survêtement qui agressaient. »

Répondant aux questions des avocats de la partie civile sur les motivations de sa comparution devant le tribunal, Bangaly Diané a indiqué :

« Je demande au tribunal de m’aider pour la prise en charge de mes soins. »

Au moment de la mise en ligne de cet article, les débats se poursuivaient avec la comparution d’une autre victime.

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

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