Procès du 28 septembre 2009 : la défense du colonel Bienvenue Lamah conteste des constitutions de parties civiles jugées infondées

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LeRenifleur Judicalex Guinée 22/01/2026

Dans une interview accordée ce mercredi 21 janvier 2026, Maître Zézé Kalivogui, l’un des avocats de l’officier de gendarmerie Bienvenue Lamah, poursuivi dans le cadre du procès des événements du 28 septembre 2009, s’est longuement exprimé sur la comparution de certaines personnes se réclamant parties civiles devant le tribunal criminel.

Selon l’avocat, la phase actuelle du procès ne porte pas encore sur l’audition des témoins, mais plutôt sur le passage à la barre de personnes souhaitant se constituer parties civiles. Une situation que la défense observe avec beaucoup de réserves.

« Pour le moment, nous n’avons pas entendu de témoins. Ce sont uniquement des personnes qui se disent parties civiles qui passent à la barre », a-t-il précisé, dénonçant l’apparition tardive de certains individus qui, selon lui, étaient absents lors des premières procédures.

Maître Kalivogui affirme que plusieurs de ces personnes livrent des récits sans lien direct avec les faits du 28 septembre 2009. Il évoque notamment des déclarations non étayées par des documents médicaux, des représentants se présentant sans mandat légal pour des personnes absentes ou décédées, ainsi que des incohérences manifestes dans certains témoignages.

« Tout cela ne nous émeut pas du tout, d’autant plus que ces personnes reconnaissent elles-mêmes n’avoir aucun lien avec le colonel Bienvenue Lamah », a-t-il assuré, se disant serein quant à la suite de la procédure.

Pour illustrer ses propos, l’avocat a cité le cas d’un individu affirmant avoir été blessé par balle lors des événements du stade du 28 septembre, alors que les documents médicaux versés au dossier font état d’une blessure survenue en avril 2008, sous le pont de l’échangeur de Madina, lors d’un soulèvement de commerçants.

« Il y a là une contradiction manifeste, tant sur la date que sur le lieu et le contexte des faits », a-t-il soutenu, évoquant l’existence de « montages » visant à intégrer artificiellement certaines personnes dans la procédure.

La défense estime que ces constitutions de parties civiles pourraient être rejetées par le tribunal. Maître Kalivogui n’exclut pas, le moment venu, d’engager des poursuites pour dénonciation calomnieuse contre ceux dont les accusations se révéleraient infondées.

« Il ne s’agit pas de se réjouir de l’éventuelle condamnation d’autres citoyens, mais on ne peut pas accepter que certains cherchent à marchander sur le dos des véritables victimes », a-t-il déclaré, qualifiant toute instrumentalisation du drame à des fins personnelles de tentative d’escroquerie.

Tout en reconnaissant la gravité des événements du 28 septembre 2009 et la douleur qu’ils ont engendrée, l’avocat a rappelé qu’aucun professionnel du droit ne peut se réjouir de ce qui s’est produit ce jour-là. Il a toutefois insisté sur la nécessité de préserver la dignité des victimes et le sérieux de la procédure judiciaire.

Enfin, Maître Zézé Kalivogui a lancé un appel à la retenue, notamment sur les réseaux sociaux.

« Les réseaux sociaux ne sont pas le tribunal », a-t-il martelé, invitant la population à faire preuve de rationalité, à éviter les jugements hâtifs et à faire confiance à la justice. Selon lui, ce procès doit permettre au peuple de Guinée de mieux comprendre les responsabilités et, à terme, de se réconcilier avec lui-même.

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

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