Procès du 28 septembre 2009 : polémique autour du statut du témoin Mamadi Soumaoro

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Comme annoncé précédemment, le second volet du procès des événements du 28 septembre 2009 s’est poursuivi ce lundi 23 mars 2026 devant le tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la cour d’appel de Conakry. La déposition de deux témoins clés cités par le ministère public était attendue. Il s’agit de Mamadi Soumaoro et d’Oumar Youssouf Touré, alias Jolie. Mais aucun d’eux ne s’est présenté à la barre.

 

Les débats ont finalement porté sur le statut de Mamadi Soumaoro qui, selon son avocat, souhaite changer de qualité pour comparaître en tant que partie civile.

Au sortir de la salle d’audience, Maître Mohamed Lamine Doumbouya, avocat de Mamadi Soumaoro, a expliqué pourquoi son client devrait être reconnu comme partie civile dans cette procédure :

« Mamadi Soumaoro a effectivement été bastonné. Pour le démontrer, nous avons saisi le service d’expertise médico-légale, dirigé par un professeur de notoriété mondiale, qui a constaté que les traces de blessures relevées sont bien issues d’actes de torture. Nous n’avons connaissance d’aucune autre circonstance de vie qui aurait pu provoquer de telles lésions. Ce ne sont pas des faits naturels, mais bien des traces de torture, des marques laissées par l’homme, notamment des ficelles incrustées dans sa chair. Dès lors, lorsqu’il revendique sa qualité de victime, on ne peut pas le réduire à un simple témoin. Il a été témoin de faits qui ont également constitué des sévices sur sa propre personne. Il était dans la dissidence et a été identifié comme opposé à cette entreprise criminelle de masse. Mamadi Soumaoro a été à la fois torturé, bastonné, et a même subi des tirs », a-t-il déclaré.

De son côté, Me Antoine Pépé Lama, l’un des avocats du colonel Bienvenu Lamah, estime que le dossier est désormais vide. Selon lui, il est temps de clore les débats et de passer aux réquisitions et plaidoiries.

« Ce qui vient d’être dit dans cette salle d’audience prouve que la procédure engagée contre le colonel Bienvenu Lamah relève d’un banditisme judiciaire. Aujourd’hui, alors que nous attendions avec impatience la comparution de ce témoin, il change de position et demande à se constituer partie civile. Autrement dit, il réclame sa part. Pour nous, la défense, ce procès devrait s’arrêter aujourd’hui. Le seul élément ayant conduit à l’implication du colonel Bienvenu Lamah dans ce dossier est la déposition de Mamadi Soumaoro. Or, le tribunal a décidé qu’il ne pouvait pas cumuler les statuts de témoin et de partie civile. Il n’y a donc plus rien dans ce dossier. Il faut clore les débats et passer aux réquisitions et plaidoiries », a-t-il martelé.

 

 

Par Sadialiou Barry, pour Judicalex-gn.org 

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