Procès du 28 septembre : La guerre des preuves entre défense et parties civiles

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LeRenifleur Judicalex Guinée 16/02/2026

​Le tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la cour d’appel de Conakry, a été ce lundi 16 février 2026 le théâtre d’une vive confrontation juridique. Alors que le récit des victimes continue de glacer l’audience, la stratégie de la défense s’est déplacée sur le terrain de la validité des pièces à conviction, ouvrant un débat tendu sur l’authenticité des certificats médicaux produits.

​À la barre, une militante politique a livré un récit éprouvant des exactions subies au stade en 2009. Entre sévices physiques et traumatismes persistants, son témoignage s’inscrit dans la lignée des dépositions accablantes recueillies par le tribunal. Cependant, ce récit a été immédiatement contesté par la défense, qui pointe des « incohérences majeures » entre les propos tenus et les documents versés au dossier.

​Maître Mathieu Zézé Kalivogui, conseil du Colonel Bienvenu Lamah, n’a pas mâché ses mots. Il accuse certaines parties civiles de tenter de « s’enrichir illicitement » sur le dos de ce procès historique en produisant des documents falsifiés.

​L'avocat soulève plusieurs points de friction : Des certificats médicaux délivrés en 2011 pour des faits datant de 2009. Des extraits de naissance établis tardivement (2025) ou des rapports médicaux dépourvus de signature officielle. La défense envisage d'attaquer en justice les structures sanitaires soupçonnées de complaisance. Pour Me Kalivogui, son client reste hors de cause 

« Aucune partie civile n'a, à ce jour, mentionné le nom du Colonel Bienvenu Lamah dans les faits rapportés », a-t-il martelé avec sérénité.

​Face à ces accusations, Maître Amadou Oury Bah, représentant des victimes, dénonce une manœuvre de diversion et la « mauvaise foi » de la défense. Pour lui, le récit de sa cliente n'est que le reflet tragique d'une réalité documentée depuis longtemps par les instances internationales et les médias (TV5Monde, France 24).

​Il a rappelé l'horreur du dispositif mis en place ce jour-là :

​Le tri des victimes : Des femmes séparées en groupes à la sortie du stade. Des déportations vers des domiciles privés pour des viols systématiques. Des meurtres documentés dès les premières heures de la matinée (8h-9h).

​Devant la sensibilité des faits relatés, notamment les violences sexuelles, le tribunal a ordonné la poursuite des auditions à huis clos. Cette mesure vise à garantir la dignité des plaignantes tout en permettant au processus judiciaire de suivre son cours, malgré les 60 dossiers restants qui font craindre un enlisement de la procédure.

 

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org 

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