Procès en appel de Dr Mohamed Diané : débats clos, réquisitions et plaidoiries attendues le 29 janvier 2026

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LeRenifleur Judicalex Guinée 22/01/2026

Les débats dans l’affaire opposant l’État guinéen à l’ancien ministre de la Défense nationale, Dr Mohamed Diané, ont été rouverts ce jeudi 22 janvier 2026 devant la Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Dr Mohamed Diané est poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Jugé et condamné en première instance à cinq (5) ans de prison ferme, au paiement de cinq (5) milliards de francs guinéens d’amende et à la confiscation de ses biens, l’ancien ministre a interjeté appel contre cette décision.

La défense estime que son client n’a pas bénéficié d’un procès juste et équitable, en raison notamment du silence observé par le prévenu tout au long du procès et du boycott des audiences par ses avocats. À cela s’ajoute, selon la défense, l’attribution à Dr Diané de biens appartenant à des tiers. Par ailleurs, ses conseils ont sollicité la comparution de l’intendant général des Forces armées guinéennes.

À la suite de la défense, l’Agent judiciaire de l’État a rappelé son appel partiel formé contre la décision rendue par la Chambre de jugement le 18 décembre 2025. Son unique grief concerne le retrait de la parcelle n°254 du lot 12, immatriculée au nom de dame Aminata Tiuré, épouse de Dr Mohamed Diané, de la liste des biens à confisquer.

Le procureur spécial, pour sa part, a indiqué avoir introduit un appel incident dans le seul but de préserver la condamnation de Mohamed Diané, se déclarant satisfait de la décision rendue contre l’ancien ministre de la Défense du régime déchu.

Confronté aux faits de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux qui lui sont reprochés, le prévenu a systématiquement rejeté les accusations.

« On ne m’a présenté aucun dossier comptable, aucun rapport d’inspection. Les intendants sont les responsables des budgets, moi je suis l’ordonnateur. J’ai tout fait pour être confronté à l’intendant, mais cela n’a jamais été fait », a déclaré Dr Mohamed Diané.

Concernant les biens confisqués par la décision, le prévenu s’est montré catégorique quant à leur appartenance.

« Je n’ai aucun immeuble ni parcelle à Conakry. Tout ce que j’ai réalisé se trouve à Kankan », a-t-il soutenu.

Poursuivant, l’ancien ministre a apporté des précisions sur deux biens ne figurant pas dans sa déclaration de patrimoine faite devant la Cour constitutionnelle avant sa prise de fonction, mais qui ont néanmoins été confisqués.

« Il s’agit de la parcelle de Balandougou, vendue depuis longtemps par mon frère, et d’une villa de quatre chambres située à Bordeaux (Kankan) », a-t-il précisé.

Par ailleurs, Dr Mohamed Diané estime que son arrestation relève d’une cabale politique.

« J’ai été arrêté pour des raisons politiques, afin de me disqualifier de la scène politique », a dénoncé l’ancien ministre du président Alpha Condé.

Interrogé sur ses comptes bancaires, le prévenu a indiqué détenir deux comptes, l’un à Ecobank et l’autre à la Société Générale. Le premier recevait son salaire en francs guinéens, tandis que le second était destiné à ses primes.

Les questions adressées au prévenu étant épuisées, la Cour a renvoyé l’affaire au 29 janvier 2026 pour les réquisitions du parquet et les plaidoiries des avocats.

 

Par ODD, pour Judicalex-gn.org

 

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