Procès en appel de l’ancien ministre Ibrahima Kourouma : le prévenu fixé sur son sort le 10 février 2026

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LeRenifleur Judicalex Guinée 20/01/2026

Le procès en appel de l’ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation (MEPU-A), Ibrahima Kourouma, et de son directeur des affaires financières (DAF), Mohamed V. Sankhon, est entré dans la phase des réquisitions et plaidoiries ce mardi 20 janvier 2025.

C’est contre la décision rendue en première instance le 14 mai 2024, ayant condamné Ibrahima Kourouma pour enrichissement illicite, que l’Agent judiciaire de l’État (AJE) a interjeté appel, a rappelé Maître Pépé Antoine Lamah à l’entame de ses plaidoiries. L’avocat a jugé paradoxal de dissocier l’infraction d’enrichissement illicite, pour laquelle l’ancien ministre a été reconnu coupable, de celle de détournement de deniers publics. Selon lui, les fonds illicitement acquis sont nécessairement le fruit d’un détournement. Pour étayer son argumentaire, Maître Pépé Antoine Lamah s’est appuyé sur le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE).

Par ailleurs, la partie civile réclame cinq milliards de francs guinéens au titre de dommages et intérêts pour un montant de 612 milliards de francs guinéens présumés détournés, sans compter le préjudice moral subi par l’État guinéen. L’AJE demande également à la Cour d’infirmer la relaxe du chef de détournement de deniers publics prononcée en faveur du prévenu.

Déterminés à défendre les intérêts de l’État, Maîtres Pépé Antoine Lamah et Faya Gabriel Kamano ont sollicité de la Cour, présidée par Francis Kova Zoumanigui, d’ordonner la restitution des fonds détournés et la confiscation des biens du prévenu au profit de l’État.

Le procureur spécial, pour sa part, s’est montré bref dans ses réquisitions. Aly Touré a indiqué que le parquet spécial qu’il dirige n’avait aucun reproche à formuler contre la décision rendue par la Chambre de jugement. C’est pourquoi l’appel du ministère public, a-t-il précisé, n’est qu’un « appel incident ».

« L’objectif du ministère public dans cette affaire est l’application de la loi et la manifestation de la vérité. Monsieur le président, nous estimons que la loi a été appliquée et que justice a été rendue », a conclu le magistrat.

Dans leurs plaidoiries, les avocats de la défense ont demandé à la Cour d’infirmer partiellement la décision ayant condamné leur client pour enrichissement illicite et de confirmer la relaxe concernant le chef de détournement de deniers publics. Subsidiairement, ils ont sollicité, à défaut d’une relaxe pure et simple d’Ibrahima Kourouma, sa condamnation à la peine correspondant au temps déjà passé en détention.

Contrairement à l’ancien ministre, aucune des parties n’a fait appel de la décision de relaxe du DAF Mohamed V. Sankhon. Son avocat a donc demandé à la Cour de confirmer la décision rendue en première instance en sa faveur.

Appelés une dernière fois à la barre pour leurs ultimes déclarations, les deux prévenus ont indiqué s’en remettre à la sagesse de la Cour.

L’affaire a été mise en délibéré. La décision sera rendue le mardi 10 février 2026.

 

Par ODD pour Judicalex-gn.org

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