TPI de Kaloum : Michel Sylla condamné pour abus de confiance et abus de biens sociaux

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LeRenifleur Judicalex Guinée 02/02/2026

Le procès de Michel Sylla, poursuivi pour abus de confiance, escroquerie et abus de biens sociaux, a pris fin ce lundi 2 février 2026 au tribunal de première instance (TPI) de Kaloum. Le prévenu, qui comparaissait jusque-là libre, a été reconnu coupable des faits d’abus de confiance et d’abus de biens sociaux.

Le tribunal l’a condamné à 24 mois d’emprisonnement, dont 17 mois assortis de sursis, ainsi qu’au paiement d’une amende de 5 millions de francs guinéens. Un mandat de dépôt a été décerné contre lui à l’audience.

Michel Sylla comparaissait devant cette juridiction pour répondre des faits d’escroquerie, d’abus de confiance et d’abus de biens sociaux. Il est poursuivi par sa marâtre, dame Mariama Dalanda Diallo, partie civile dans cette procédure. Celle-ci accuse le prévenu d’avoir détourné la société Cinpex, laissée par son défunt époux, Philippe Sylla.

Selon la plaignante, Michel Sylla, fils de feu Philippe Sylla, aurait entièrement dépouillé la société Cinpex.

« Il a détourné à son profit personnel les fonds, le siège, les clients et les partenaires, au détriment de la société Cinpex. Il a créé une société appelée Chinfo Express, vers laquelle il a transféré les fonds et les contrats de Cinpex », a-t-elle déclaré devant le tribunal.

Dans ses réquisitions, la procureure de la République, Djéné Cissé, a demandé au tribunal de retenir Michel Sylla dans les liens de la prévention pour abus de biens sociaux et de le condamner à deux ans d’emprisonnement, dont un an et six mois avec sursis, ainsi qu’au paiement d’une amende de 50 millions de francs guinéens. Sur le plan civil, le ministère public a requis sa condamnation au paiement de 500 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.

La défense, pour sa part, a plaidé non coupable et sollicité la relaxe pure et simple de son client pour délits non constitués.

« C’est son défunt père qui l’avait désigné co-gérant de la société. C’est dans ce cadre qu’il a assuré la gestion. En 2015, la société a bénéficié d’un contrat avec Vista-Guinée. Michel Sylla a, par la suite, régulièrement créé sa propre société avec des associés. Chinfo Express SARL a participé à un appel d’offres et a obtenu le marché avec Vista-Guinée. Il n’a procédé à aucun transfert de fonds de la société Cinpex. Dès la fin de son mandat de co-gérant, il n’a posé aucun acte. Il n’a ni vidé Cinpex de ses ressources ni détourné ses biens. Les faits ne sont pas établis », a soutenu la défense, demandant au tribunal de le renvoyer des fins de la poursuite.

Après délibération, le tribunal a estimé que l’infraction d’escroquerie n’était pas établie à l’encontre du prévenu. En revanche, Michel Sylla a été reconnu coupable d’abus de confiance et d’abus de biens sociaux.

Sur l’action publique, il a été condamné à 24 mois d’emprisonnement, dont 17 mois avec sursis, et au paiement d’une amende de 5 millions de francs guinéens. Un mandat d’arrêt a été décerné à son encontre à l’audience.

Sur l’action civile, il a été condamné à verser à la partie civile la somme de 52 millions de francs guinéens à titre principal et 120 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts. Le tribunal lui a également interdit, pour une durée de trois ans, d’exercer les fonctions de témoin, tuteur, conseiller, administrateur général de société, ainsi que de détenir une arme.

 

 

Par Sadialiou Barry, pour Judicalex-gn.org 

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