TPI de Kaloum : un prévenu plaide non coupable dans une affaire de tentative de détournement de plus de 11 milliards GNF à Skye Banque

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Le procès des prévenus Thierno Malick Diallo, Abdoul Gadiri Diallo et autres s’est ouvert ce mardi 31 mars 2026 devant le tribunal correctionnel de Kaloum. Sont concernés dans cette affaire : Abdoul Gadiri Diallo, Kadiatou Dramé, Sayon Keïta et Thierno Malick Diallo. À l’audience de ce mardi, seul Thierno Malick Diallo a comparu à la barre pour faire sa déposition. Il est en détention depuis le 23 septembre 2024.

Les trois autres prévenus, qui auraient bénéficié d’une mise en liberté provisoire au cabinet d’instruction, ne se sont pas présentés. La structure bancaire leur reproche d’avoir agi de concert avec d’autres personnes pour tenter de faire sortir frauduleusement plus de 11 milliards de francs guinéens à son préjudice.

Ce groupe de quatre prévenus est poursuivi à la requête de la société Skye Banque, constituée partie civile dans cette procédure. Ils sont inculpés d’intrusion frauduleuse dans un système informatique, de vol via un système informatique et de complicité. Des infractions relevant de la cybercriminalité et de l’atteinte aux données à caractère personnel en République de Guinée.

S’agissant de Thierno Malick Diallo, il est poursuivi pour complicité de vol portant sur un montant d’un milliard cinq cents millions de francs guinéens. À la barre, il a plaidé non coupable des faits qui lui sont reprochés. Selon lui, c’est un certain Alpha Oumar Diallo, avec qui il envisageait de monter une activité, qui l’a entraîné dans cette affaire.

« J’ai rencontré Alpha Oumar Diallo au marché de Madina. Nous avons parlé de business et convenu de créer une entreprise, notamment une société d’eau. Il m’a demandé si j’avais un compte bancaire ; j’ai répondu oui. Il a ensuite viré un milliard cinq cents millions de francs guinéens sur mon compte. J’ai retiré 400 millions en mon nom et ouvert un nouveau compte à la BCI Banque pour y déposer cet argent. À sa demande, j’ai également émis un chèque de 100 millions de francs guinéens au profit d’Aboubacar Six Camara. Sur les 500 millions retirés, 480 millions ont été restitués. Il ne reste que 20 millions », a-t-il déclaré.

Poursuivant ses explications, il affirme avoir été interpellé sans comprendre l’origine frauduleuse des opérations.

« Par la suite, Skye Banque m’a appelé pour me demander l’origine des fonds. J’ai indiqué qu’ils provenaient d’Alpha Oumar Diallo et fourni son numéro. Lorsqu’il est venu, il a affirmé que l’argent lui appartenait. Je demande pardon à la banque, car j’ignorais que ces fonds provenaient d’une activité frauduleuse. Je n’ai jamais douté de lui ni de ses compétences en informatique », a-t-il ajouté.

De son côté, le représentant de Skye Banque, Moussa Dramé, a expliqué au tribunal les opérations effectuées par le prévenu.

« Après le crédit du compte, Thierno Malick Diallo a retiré 400 millions à l’aide d’un premier chèque au nom de la société Eau Aldjaana, puis a déposé ce montant dans une autre banque. Le même jour, il a émis un deuxième chèque de 100 millions de francs guinéens au nom d’Aboubacar Six Camara, avant d’en établir un troisième de 900 millions en son propre nom. Ce dernier montant dépassait le seuil d’approbation, et il lui a été demandé de patienter. Après vérification, son compte affichait zéro. Lorsqu’il est revenu, il a été interpellé. Le préjudice global s’élève à une menace de 11 milliards 500 millions de francs guinéens. Toutefois, dans le cas spécifique de Thierno Malick Diallo, il est question d’un montant de 1 milliard 500 millions. À ce jour, sur les 500 millions frauduleusement sortis, il reste 20 millions à recouvrer », a-t-il expliqué.

Par ailleurs, les avocats de la défense ont sollicité la mise en liberté provisoire du prévenu, visiblement affaibli par la maladie. Le ministère public a indiqué ne pas s’opposer à cette demande, à condition qu’elle soit assortie du paiement d’une garantie de représentation de 500 millions de francs guinéens.

La partie civile, pour sa part, a estimé cette demande prématurée. Finalement, le tribunal a rejeté la demande de mise en liberté et renvoyé l’affaire au 14 avril 2026 pour la suite des débats.

 

Par Sadialiou Barry, pour Judicalex-gn.org 

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