Tribunal de Dixinn : 15 ans de réclusion requis contre un vigile pour le viol d'une mineure

Le procureur du tribunal de première instance de Dixinn a requis, ce jeudi, une peine de 15 ans de réclusion criminelle contre Mohamed Bangoura, accusé de viol sur la jeune Rose Loua, âgée de 12 ans au moment des faits. L’affaire aurait pour origine un contentieux lié à un forage situé dans la concession dont le prévenu assurait la garde. Mohamed Bangoura aurait reproché à la fillette d'y puiser de l'eau malgré son interdiction. Selon l'accusation, il aurait profité d'un moment où ils se trouvaient seuls dans l’enceinte, abritant également une piscine, pour isoler la victime sous prétexte de la laisser se baigner, avant d'abuser d'elle. (Image d'illustration)

Selon le procureur Fanka Oularé, l’accusé, après avoir reconnu les faits lors de l'enquête préliminaire et devant le juge d’instruction, a choisi de s'enfermer dans la dénégation à la barre. Le magistrat a toutefois souligné que le certificat médico-légal atteste d'une défloration consécutive à une pénétration. Fort de ce constat, le procureur a demandé au tribunal de déclarer Mohamed Bangoura coupable et de le condamner à 15 ans de réclusion criminelle.

La partie civile a, de son côté, insisté sur la gravité du préjudice. Maître Paul Lazard Gbilimou a rappelé que la jeune Rose Loua a non seulement subi un traumatisme physique et moral, mais a également contracté une maladie sexuellement transmissible. L'avocat a déploré l'impact social du drame : scolarisée à Conakry, la fillette a dû s'exiler à l’intérieur du pays pour fuir la stigmatisation.

« Elle a été atteinte dans sa dignité, Monsieur le Président », a martelé le conseil, réclamant un milliard de francs guinéens à titre de réparation.

En réplique, la défense a plaidé non coupable. Maître Ousmane Mansaré a rejeté la thèse de l’accusation en questionnant la vraisemblance des faits

« Il ne peut pas avoir abusé d’une enfant de 12 ans en pleine journée et devant ses amis », a-t-il argué. Pour lui, le certificat médico-légal est insuffisant pour incriminer son client. « Ce document évoque une défloration ancienne et une pathologie, mais rien ne prouve que Mohamed Bangoura en soit l’auteur. Cela ne peut justifier une participation pénale », a conclu l'avocat en demandant la relaxe de son client pour crime non constitué.

L’affaire a été mise en délibéré. Le verdict est attendu pour le 26 mars prochain.

 

ODD pour Judicalex-gn.org

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