Tribunal de Dixinn : “Amie la conseillère” écope d’une peine avec sursis après un scandale sur les réseaux sociaux

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Aminata Touré, connue du grand public sous le nom d’« Amie la conseillère », a été jugée ce mardi après-midi devant le tribunal de première instance de Dixinn. Elle était poursuivie pour des faits d’injures et de violences physiques, conformément aux dispositions des articles 282 et 363 du Code pénal. Cette affaire a pris de l’ampleur après la large diffusion de vidéos controversées sur les réseaux sociaux.

Dans ces images, la prévenue s’en prenait verbalement à une femme âgée, qu’elle accusait de vol au marché d’Enco 5, situé dans la périphérie de Conakry. Face à l’indignation suscitée en ligne, le parquet a décidé d’ouvrir une procédure judiciaire.

À la barre, Aminata Touré a reconnu sans détour les faits qui lui sont reprochés. Elle a exprimé des regrets, déclarant qu’elle assumait pleinement ses actes tout en sollicitant la clémence du tribunal, estimant que son comportement n’était pas digne.

Le ministère public, de son côté, a considéré que ces excuses restaient insuffisantes. Le procureur a insisté pour que la prévenue explique en détail les circonstances de l’incident ainsi que les raisons de son geste, soulignant que la juridiction ne disposait que des éléments rapportés.

Dans ses explications, empreintes d’émotion, « Amie la conseillère » a relaté les faits survenus dans sa boutique de prêt-à-porter. Elle a justifié son attitude par une accumulation de frustrations liées à des vols répétés dont elle affirme avoir été victime. Selon elle, la diffusion de la vidéo visait à alerter la population et à prévenir d’éventuels actes similaires.

Le procureur a néanmoins rappelé que cette initiative avait gravement porté atteinte à la dignité de la personne visée et troublé l’ordre public. Face à ces observations, la prévenue a renouvelé ses excuses, tant à l’égard du tribunal que de toute personne choquée par son comportement.

Lors de ses réquisitions, le substitut du procureur, Mamadou Yaya Boiro, a dénoncé une attitude contraire aux valeurs sociales, demandant que la culpabilité d’Aminata Touré soit retenue pour injures publiques commises via un support numérique. Il a requis une peine d’un an d’emprisonnement avec sursis, une amende de 10 millions de francs guinéens ainsi qu’une interdiction d’accès aux réseaux sociaux pendant six mois.

Dans sa décision, le juge Ibrahima Sory Sow a reconnu la prévenue coupable d’injures publiques. Il a prononcé une peine d’un an d’emprisonnement assortie de sursis, accompagnée d’une amende de 5 millions de francs guinéens.

À l’issue du verdict, Aminata Touré a quitté le tribunal libre, bénéficiant des effets du sursis.

 

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org 

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