Tribunal pour enfants : l’interdiction de l’accès des mineurs aux lieux de loisirs au centre des débats avec les tenanciers

Actu 1
LeRenifleur Judicalex Guinée 24/12/2025

Le procureur spécial près le Tribunal pour enfants a rencontré, ce mardi 23 décembre 2025 à Conakry, les responsables de l’Office national des loisirs (ONL). Cette séance dite d’information et d’orientation visait à sensibiliser les acteurs concernés, notamment les propriétaires de boîtes de nuit, hôtels, plages, salles de spectacles et autres lieux assimilés, à répondre à leurs préoccupations et à les accompagner afin que chaque établissement se conforme strictement à la loi.

Le procureur spécial, Docteur Cé Avis Gamy, a rappelé à cette occasion les mesures prises par le parquet spécial qu’il dirige. Des mesures fondées sur le Code de l’enfant et destinées à préserver « la sécurité, la dignité et le bien-être des mineurs », a-t-il souligné. S’appuyant sur les dispositions légales, le magistrat a mis l’accent sur les effets négatifs de la fréquentation par les enfants de moins de 18 ans de certains lieux de loisirs.

« La loi est claire. Les articles 90, 91, 92, 93 et 94 du Code de l’enfant mentionnent expressément l’interdiction de l’accès de certains établissements aux mineurs. Il est formellement interdit aux enfants de fréquenter des lieux de distraction ou de spectacle susceptibles d’influencer négativement leur moralité ou de produire des effets nocifs sur leur développement », a précisé M. Gamy.

Cette rencontre fait suite au communiqué du procureur spécial, en date du 9 décembre dernier, interdisant formellement la présence des mineurs dans certains établissements de loisirs et de spectacles après 22 heures. Pas de marche arrière, a réitéré Docteur Cé Avis Gamy, dont l’ambition est de protéger les mineurs relevant du ressort de sa juridiction. Les contrevenants s’exposent à de lourdes sanctions.

« L’amende peut aller jusqu’à 20 millions de francs guinéens. Imaginez que vous soyez détenteur d’un lounge, d’un bar ou d’une boîte de nuit : à cause de votre négligence ou de celle de votre gérant, vous êtes poursuivi et condamné à payer 10, 15 ou 20 millions de francs guinéens. Et on ne s’arrêtera pas là. La sanction peut aller jusqu’à la fermeture de l’établissement. Or, nous savons tous que c’est de ces lieux que vous tirez votre revenu quotidien. Il serait dommage de les fermer à cause d’une négligence », a-t-il averti.

L’Office national des loisirs (ONL) semble partager les mêmes préoccupations que l’institution judiciaire, à savoir la sécurité et la protection des enfants. C’est du moins ce qu’a affirmé son directeur, Mamadou Baillo Barry.

« Depuis sa création en 2022, l’Office national des loisirs s’est engagé à organiser, encadrer et réguler le secteur des loisirs en République de Guinée. Notre mission est simple mais exigeante : faire en sorte que les espaces de loisirs soient des lieux de détente, d’épanouissement et de cohésion sociale, et non des espaces de risques ou de dérives. C’est dans cet esprit qu’une rencontre s’est tenue le 8 décembre dernier avec le parquet spécial du Tribunal pour enfants de Conakry afin d’échanger sur cette question. Cette concertation a permis de rappeler avec fermeté les obligations légales qui s’imposent à tous, surtout en cette période de fêtes de fin d’année, où la fréquentation des espaces de loisirs augmente fortement », a-t-il déclaré.

Il convient de souligner que l’Office de protection des genres et des mœurs (OPROGEM) était également représenté à cette rencontre. Relevant du parquet spécial près le Tribunal pour enfants, cette institution est désormais en alerte et prête à agir dès la mise en mouvement de l’action publique.

 

Par BONANKUN, pour Judicalex-gn.org 

 

Commentaires

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier à commenter !

Vous devez vous connecter pour commenter cet article.


Articles similaires