Violences sur enfant : la justice rappelle l’inexistence du “droit de correction”

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LeRenifleur Judicalex Guinée 16/01/2026

À Mamou, une affaire de violences intrafamiliales suscite une vive émotion au sein de l’opinion publique. Un père de famille, Saikou Barry, est accusé d’avoir sauvagement battu son fils, Ousmane Barry, âgé d’environ six ans. Les faits se seraient déroulés la semaine dernière à Fello-Bantan, un secteur relevant du quartier Pétel 2, dans la commune urbaine. Selon des témoignages recueillis sur place, les coups infligés à l’enfant auraient été d’une extrême violence, au point que son état de santé est jugé critique. Le présumé auteur vivrait seul avec ses enfants depuis qu’il a congédié son épouse, une situation familiale qui, selon certains riverains, était déjà marquée par des tensions.

Face à cette énième exaction subie par des enfants, le juriste guinéen Kalil Camara a vivement réagi ce vendredi 16 janvier 2026. Il a rappelé avec fermeté qu’un parent ne dispose d’aucun « droit de correction » sur son enfant, soulignant que la violence, qu’elle soit physique ou verbale, ne saurait en aucun cas être justifiée par des considérations éducatives.

Cette position trouve un écho dans l’actualité juridique internationale. Dans un arrêt rendu le 14 janvier 2026, la Cour de cassation française a clairement affirmé qu’il n’existe pas de « droit de correction parentale », ni dans la loi, ni dans les conventions internationales, ni dans la jurisprudence. La haute juridiction rejette ainsi tout argument visant à légitimer les châtiments corporels infligés par les parents à leurs enfants.

En droit guinéen, cette jurisprudence conforte pleinement les dispositions du Code de l’enfant. L’article 767 interdit formellement toutes les formes de châtiments corporels, physiques ou verbaux, ainsi que les traitements cruels, inhumains, dégradants ou humiliants envers un enfant, que ce soit dans la sphère familiale, scolaire ou institutionnelle. Le texte précise que tout acte impliquant l’usage de la force physique pour corriger ou modifier le comportement d’un enfant, même léger, constitue un châtiment corporel prohibé.

L’article 769 renforce cette interdiction en prévoyant des sanctions pénales à l’encontre de toute personne qui inflige à un enfant des injures ou des châtiments corporels. Il insiste également sur le caractère exclusivement pédagogique des sanctions disciplinaires autorisées, excluant toute forme de violence ou d’humiliation.

Enfin, l’article 768 est sans équivoque : les châtiments corporels ou voies de fait envers un enfant ne peuvent, en aucun cas, être justifiés comme des « châtiments raisonnables » dans une procédure judiciaire. Autrement dit, tout argument fondé sur un prétendu droit de correction est voué au rejet.

L’affaire d’Ousmane Barry rappelle avec brutalité que les violences faites aux enfants demeurent une réalité préoccupante. Pourtant, le cadre juridique guinéen est clair et sans ambiguïté : aucun parent, éducateur ou responsable administratif n’a le droit de lever la main ou d’humilier un enfant. À l’heure où la justice est appelée à se prononcer, ce drame relance le débat sur l’application effective des lois et la nécessité de renforcer la protection des enfants, afin que le droit cesse d’être un simple texte et devienne une véritable garantie contre toutes les formes de violence.

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.com

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