Vol d’un taureau à Berteya/Mamou : la bataille judiciaire se poursuit à la Cour d’appel de Conakry

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Le procès en appel des prévenus Mamadou Djouldé Diakité et Souleymane Diakité, respectivement poursuivis pour vol de bétail et complicité de vol, s’est poursuivi ce mercredi 1er avril 2026 devant la Cour d’appel de Conakry. Détenus depuis le 10 février 2026, les deux hommes sont poursuivis par Ibrahima Sory Bah, partie civile dans cette procédure. Chacune des parties revendique la propriété d’un taureau, objet du litige.

Les faits se sont produits dans le district de Berteya, préfecture de Mamou, où l’affaire a été jugée en première instance. Les deux prévenus y ont été déclarés coupables des faits mis à leur charge et condamnés à trois ans d’emprisonnement ferme par le tribunal de première instance de Mamou.

N’étant pas satisfaits de cette décision, ils ont interjeté appel devant la Cour d’appel de Conakry.

L’audience de ce mercredi a été essentiellement consacrée aux réquisitions du ministère public et aux plaidoiries des avocats. La partie civile demande à la Cour de confirmer la décision de première instance et de condamner solidairement les prévenus au paiement de 100 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.

À l’inverse, le ministère public a requis l’infirmation totale du jugement rendu par le tribunal de Mamou, ainsi que le renvoi des prévenus des fins de la poursuite pour délit non constitué.

Dans sa plaidoirie, le conseil de la partie civile a soutenu que l’animal que les prévenus tentaient de revendre ne leur appartenait pas. Selon lui, la pièce de vente présentée serait également falsifiée.

« La pièce de vente est fausse. Le cachet est contesté par les autorités locales, qui sont unanimes pour dire que l’animal ne leur appartient pas. De plus, l’animal porte un signe distinctif différent de celui de leur bétail. Nous demandons à la Cour de confirmer la décision du tribunal de première instance de Mamou, d’ordonner la restitution du taureau à son propriétaire et de condamner solidairement les prévenus à payer 100 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts, en raison d’un appel abusif », a-t-il plaidé.

Pour sa part, le ministère public, représenté par Kabinet Keïta, a estimé que la culpabilité des prévenus n’était pas établie.

« En aucun cas les deux prévenus n’ont reconnu les faits. La partie civile, qui se dit propriétaire, n’a apporté aucune preuve : ni photo, ni vidéo, ni témoignage. Au contraire, ce sont les prévenus qui ont produit des éléments », a-t-il déclaré.

Il a ainsi demandé à la Cour de statuer à nouveau, d’infirmer le jugement de première instance, de déclarer les prévenus non coupables et d’ordonner leur mise en liberté.

Dans la même dynamique, la défense a plaidé la relaxe et sollicité la restitution de l’animal à Mamadou Djouldé Diakité.

« Il n’y a ni vol ni complicité de vol dans cette affaire. Il convient de constater que la pièce produite par la partie civile concerne une vache, alors que l’animal en litige est un taureau. Nous demandons l’infirmation de la décision et la restitution de l’animal à son propriétaire », a soutenu l’avocat de la défense.

Après avoir entendu toutes les parties, la Cour a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue le 15 avril 2026.

 

Par Sadialiou Barry, pour Judicalex-gn.org 

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