Présumé détournement de 12 milliards 400 millions GNF au CNFSA : le DG Soriba Soumah face à la justice

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Le procès de l’ancien directeur général du Centre national de formation sociale appliquée Jean Paul II s’est ouvert ce lundi 4 mai 2026 devant la Chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières. Soriba Soumah est poursuivi pour des faits présumés de « détournement de deniers publics, enrichissement illicite, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écriture publique et complicité », portant sur un montant de 12 milliards 400 millions de francs guinéens destinés à la rénovation et à l’équipement du centre qu’il avait la charge de diriger.

Interrogé sur les faits, le prévenu a systématiquement nié les accusations. Il affirme avoir œuvré, dès son arrivée à la tête du Centre national de formation sociale appliquée en 2022, à la rénovation et à l’équipement dudit centre, alors dans un état piteux. Dans ce cadre, explique-t-il, un contrat a été établi, permettant notamment l’équipement de deux blocs opératoires, la climatisation de toutes les salles et la dotation du personnel en matériel.

Soriba Soumah a également indiqué à la Cour qu’à son arrivée au CNFSA, il a trouvé un contrat d’équipement établi en 2020, qu’il dit avoir relancé après une rencontre avec le fournisseur. Selon lui, 30 % du montant incriminé auraient déjà été décaissés et versés au fournisseur dans le cadre de l’exécution du contrat de fourniture d’équipements commandés à l’étranger, dont la livraison est attendue le 9 mai prochain.

Interpellé sur d’autres opérations de décaissement, M. Soumah déclare ne pas en être responsable. Il accuse l’agent comptable, Mohamed Sangaré, d’avoir imité sa signature et son cachet pour retirer des fonds sans l’en informer. Il précise que ce dernier serait actuellement en fuite vers le Canada.

Au fil des interrogatoires, la Cour et le procureur n’ont pas réussi à lui faire reconnaître l’imputabilité des infractions.

À la suite des questions du ministère public, la Cour a relevé l’absence de partie civile dans cette affaire. Biwon Millimouno, l’un des substituts du procureur spécial, a alors sollicité un renvoi afin de citer l’Agent judiciaire de l’État. Une demande à laquelle la défense s’est opposée, estimant qu’aucune disposition ne prévoit la citation de l’État dans ce dossier.

« Nous estimons que dans cette procédure, il n’y a pas de partie civile. La procédure a été engagée en flagrant délit. Le ministère public a eu tout le temps d’effectuer les diligences nécessaires, mais ne l’a pas fait, tandis que nous sommes en détention. Mieux encore, il a disposé de trois heures pour poser ses questions. Nous vous demandons, Monsieur le président, de nous permettre de poser les nôtres », a plaidé un avocat de la défense.

Répondant à cette préoccupation relative à la détention des prévenus Soriba Soumah et Ismaël Traoré, le procureur s’est appuyé sur le principe de la présomption d’innocence. « Nous comprenons que leurs clients soient en détention, mais jusqu’à preuve du contraire, ils bénéficient de la présomption d’innocence », a souligné Biwon Millimouno.

Un autre point marquant de l’audience a été la demande de mise en liberté provisoire des prévenus, formulée par leurs avocats. Pour convaincre la Cour, ces derniers ont évoqué l’arrivée imminente à Conakry des équipements destinés au Centre Jean Paul II, prévue le 9 mai. Selon eux, l’absence d’accomplissement des formalités douanières avant l’accostage du navire pourrait causer un préjudice tant à M. Ismaël Traoré qu’au centre.

« Ce n’est pas à l’arrivée du bateau que les formalités doivent être accomplies », a soutenu la défense.

Le ministère public s’est opposé à cette demande. Le procureur Ousmane Sanoh estime que l’affaire n’a pas encore livré toutes ses vérités et nécessite des investigations complémentaires.

Dans sa décision, le juge a rejeté la demande de mise en liberté provisoire, la jugeant inopportune et mal fondée. L’affaire a été renvoyée au 11 mai prochain pour une éventuelle citation des parties civiles et la poursuite des débats.

 

 

Affaire à suivre...

 

Par ODD,  pour Judicalex-gn.org

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