Traite des êtres humains : Laye Mamoudou Camara et Abdoulaye Diaby jugés à la Cour d’appel de Conakry

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Le procès en appel des prévenus Laye Mamoudou Camara et Abdoulaye Diaby, poursuivis pour « traite des êtres humains », s’est ouvert ce lundi 4 mai 2026 devant la Cour d’appel de Conakry. Les deux accusés sont en détention depuis le 6 mai 2025. Ils sont poursuivis par Mohamed Camara, Adama Condé et plusieurs autres plaignants. À la barre, ils ont tous plaidé non coupables des faits qui leur sont reprochés.

Il leur est notamment reproché d’avoir recruté, hébergé et perçu de l’argent auprès de certaines victimes, dans le but de les former afin qu’elles puissent bénéficier des produits et services de la société Qnet.

C’est dans ce cadre qu’ils ont été interpellés puis jugés au tribunal de première instance de Coyah. À l’issue de ce procès, ils ont été condamnés à sept ans de prison ferme, ainsi qu’au paiement de dommages et intérêts au profit des différentes parties civiles. Les montants alloués varient entre 25 et 30 millions de francs guinéens par plaignant.

Contestant cette décision, les prévenus, par le biais de leur conseil, ont interjeté appel devant la Cour d’appel de Conakry.

Présentant les motifs de l’appel ce lundi 4 mai, l’avocat de la défense a déclaré que « les prétendues parties civiles n’ont pas produit de reçus. Certaines ne se sont même pas présentées devant le tribunal de Coyah pour faire leur déposition. Malgré cela, le tribunal les a condamnés à sept ans d’emprisonnement. C’est pourquoi nous sollicitons que le droit soit dit devant la juridiction supérieure ».

La parole a ensuite été donnée aux prévenus afin qu’ils livrent leur version des faits.

Laye Mamoudou Camara a affirmé n’avoir jamais eu de contact avec les plaignants. Selon lui, il n’a ni recruté, ni formé, ni hébergé qui que ce soit.

« Lors du procès à Coyah, personne ne s’est présenté pour me réclamer de l’argent. Je travaille en Guinée pour Qnet, une société légalement installée et agréée. Mon activité consiste à faire de la vente en ligne de divers produits. Mais je n’ai jamais été en contact avec les prétendues victimes. Personne ne m’a remis d’argent et personne ne m’a mis en cause à l’audience », a-t-il déclaré.

De son côté, Abdoulaye Diaby a indiqué travailler à Maférinyah pour la même société.

« Je n’ai vendu que deux produits, pour un montant total de neuf millions de francs guinéens. Nous présentons les produits aux clients potentiels ; s’ils sont intéressés, un compte leur est ouvert par Qnet, puis ils effectuent leur achat. C’est Laye Mamoudou Camara qui m’a orienté vers cette activité, et j’y ai également introduit mon père. Toutefois, je n’ai jamais hébergé qui que ce soit à Maférinyah dans le cadre d’une formation ou d’un recrutement », a-t-il expliqué.

Après avoir entendu les différentes parties, la Cour a renvoyé l’affaire au 18 mai 2026 pour la comparution des parties civiles, ainsi que pour les réquisitions du ministère public et les plaidoiries.

 

Par Sadialiou Barry, pour lerenifleur224.com

 

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