Simandou : grève des employés de BWCS, le chantier paralysé à Kérouané

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Les employés de l’entreprise BAowu WINNING CONSORTIUM SIMANDOU (BWCS), engagés sur le projet minier de Simandou, ont manifesté ce samedi matin pour dénoncer leurs conditions de travail et le non-respect de la convention collective des mines et carrières.

À l’origine de cette mobilisation, un profond malaise chez les travailleurs. Ces derniers pointent notamment du doigt l’absence d’application effective de la convention signée entre l’État guinéen et les compagnies minières, qui devait entrer en vigueur en avril 2026 dans la préfecture de Kérouané.

Sur place, le président de la délégation syndicale de BWCS Simandou a rappelé que cette grève s’inscrit dans une série de revendications anciennes. Selon lui, le mouvement remonte à 2019, période à laquelle les employés avaient accepté de patienter jusqu’à la phase d’exploitation. Mais aujourd’hui, déplore-t-il, les conditions de travail restent inchangées et les difficultés persistent. Il appelle également le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, à intervenir en faveur des travailleurs, soulignant le décalage entre les ambitions affichées autour de Simandou 2040 et la réalité vécue sur le terrain.

Les employés partagent ce constat. Lamine, l’un d’eux, affirme que les engagements pris n’ont pas été respectés. Il explique que la convention, censée être appliquée en avril, est toujours ignorée par les responsables, ce qui a conduit les travailleurs à suspendre leurs activités depuis jeudi dernier. Ils assurent ne pas reprendre le travail tant que leurs revendications ne seront pas satisfaites.

Il souligne également la faiblesse des rémunérations : selon lui, près de 95 % des employés perçoivent moins de 3 500 000 GNF par mois, une situation qui perdure depuis 2019 malgré les promesses d’amélioration. Certains auraient même vu leur salaire diminuer.

Sous anonymat, un autre travailleur évoque une « rétrogradation » des employés, en lieu et place de l’application de la convention. Il rappelle que celle-ci, signée en avril 2024, devait entrer en vigueur après la phase de construction en 2026. Or, selon lui, la société aurait plutôt opté pour des mesures défavorables aux employés, suscitant une forte colère.

 

 

D’après les grévistes, les activités sont actuellement à l’arrêt dans les blocs 1 et 2 du projet Simandou. Ils réclament notamment une amélioration des conditions de travail, une revalorisation salariale et le respect strict de la convention collective.

Une mission de l’inspection du travail s’est rendue sur place pour tenter de désamorcer la crise. Toutefois, les discussions avec la direction n’ont pas permis d’aboutir à un accord. Une source indique que les négociations sont suspendues, tandis qu’une réunion serait en préparation à la préfecture.

Les travailleurs préviennent enfin qu’ils pourraient durcir leur mouvement si aucune solution n’est trouvée, allant jusqu’à envisager un arrêt total du projet au niveau de Kérouané.

La situation reste tendue dans la localité, où l’issue de cette crise sociale dépend désormais d’une intervention rapide des autorités.

 

 

Par Rahamane Mo,  pour Judicalex-gn.org 

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