Un jeune d’une vingtaine d’années jugé pour tentative d’enlèvement : « Je suis victime de ma gentillesse », déclare l’accusé

Actu 1

L’affaire remonte à novembre 2021. Alors qu’Elhadj Saïdou Diallo rentrait de son travail à Taouyah, il a croisé la petite Mariama Condé, âgée de 5 ans, près de sa cour. L'enfant lui aurait alors demandé de lui acheter des bonbons.

​À la barre, ce tapissier de métier livre sa version des faits :

​« Je travaille à Taouyah. Après avoir fini de décharger un camion, on m’a payé. En rentrant chez moi, j’ai croisé la petite derrière sa cour ; elle m’a demandé de lui acheter des bonbons. J’ai sorti un billet de 5 000 francs guinéens de ma poche pour le mettre dans la paume de sa main. C’est au moment où nous nous dirigions vers la boutique qu'un jeune nous a rattrapés. »

​Selon le prévenu, ce témoin, affirmant connaître les parents de la fillette, l'aurait conduit de force devant la famille pour l'accuser de tentative de vol d'enfant. « Sur place, il a même sorti 170 000 francs guinéens pour financer mon transport vers le commissariat », précise l'accusé.

​​Le juge a ensuite pointé du doigt l'imprudence de l'homme :

​Le juge : « Ce jour-là, il y avait une cérémonie à côté, n’est-ce pas ? »

​L’accusé : « Oui. »

​Le juge : « Connaissiez-vous Mariama Condé ? »

​L’accusé : « Non. »

​Le juge : « Dans ce cas, si on vous voit avec elle, qu’est-ce que les gens vont penser ? »

​(Silence de l'accusé).

​Le juge : « Vous auriez dû acheter les bonbons et lui remettre, ou simplement lui donner l'argent ? »

​L’accusé : « C'était une erreur de ma part. J'aurais dû acheter les bonbons et lui donner, plutôt que de lui remettre l'argent. »

​La défense plaide l’excès de zèle social

​L'avocate de la défense, convaincue de l'innocence de son client en détention à la Maison centrale de Conakry depuis près de cinq ans  estime que la société a "mal rendu la monnaie" à ce dernier.

​« N’est-ce pas que la société, en vous envoyant ici, veut vous rendre méchant ? », a demandé le conseil à son client. « Bien sûr », a-t-il répondu. « Ne pensez-vous pas être victime de votre gentillesse ? », a renchéri l’avocate. « Je suis victime de ma gentillesse », a conclu Elhadj Saïdou Diallo (cité précédemment sous le nom de Barry).

​En raison de l'absence de la partie civile, le juge a clôturé les débats. L’affaire a été renvoyée au 7 mai prochain pour les réquisitions et les plaidoiries.

 

 

Par ​ODD, pour Judicalex-gn.org

Commentaires

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier à commenter !

Vous devez vous connecter pour commenter cet article.


Articles similaires