Sécurité routière à Mali : la Justice de Paix interdit la conduite aux mineurs et responsabilise les parents

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La modernisation des infrastructures routières dans la préfecture de Mali s’accompagne désormais d’un défi sécuritaire de taille. Face à la recrudescence de comportements imprudents chez les mineurs et au laxisme de certains parents, la Justice de Paix a décidé de sévir. Il est désormais formellement interdit aux enfants mineurs de conduire des véhicules ou des motos dans la localité. Cette décision a été rendue publique à l’issue d’une concertation tenue à la Justice de Paix, réunissant les principaux acteurs concernés.

À l’initiative du juge d’instruction et juge des enfants, Nongo Bayo, les officiers de police judiciaire (OPJ), les représentants du syndicat des transporteurs ainsi que les conducteurs de taxis-motos ont été mobilisés autour de cette problématique. Marqué par un récent accident mortel impliquant un mineur, le magistrat a tiré la sonnette d’alarme face à la multiplication des conduites dangereuses sur les routes nouvellement bitumées.

À l’unanimité, les participants ont décidé de renforcer l’application et la vulgarisation du Code de la route du 20 juillet 2018, qui interdit explicitement la conduite aux mineurs. Assurant également l’intérim de Juge de Paix, Nongo Bayo a insisté sur l’urgence de la situation et la nécessité de faire respecter des textes souvent ignorés.

« Tout est parti d’une séance de vulgarisation du Code de la route dans notre ressort judiciaire. Dès ma première semaine de fonction, un accident mortel impliquant un mineur s’est produit. Par la suite, avec l’apparition des premières couches de bitume à Mali depuis l’indépendance, nous avons constaté que de nombreux enfants circulent de manière imprudente. Cette situation est favorisée par des parents qui mettent ces engins à leur disposition, en violation de la loi », a-t-il expliqué.

Pour enrayer cette tendance jugée « meurtrière », les autorités judiciaires et sécuritaires ont décidé d’agir en synergie, en mettant un accent particulier sur la responsabilité parentale. Une campagne de sensibilisation a ainsi été lancée le mercredi 15 avril, impliquant les forces de défense et de sécurité ainsi que les acteurs du transport.

Le magistrat a rappelé les dispositions de la loi L-023 du 20 juillet 2018 portant Code de la route en République de Guinée, soulignant que tout parent qui autoriserait un mineur à conduire s’expose désormais à des poursuites judiciaires.

« Un mineur ne peut être titulaire d’un permis de conduire. Il pourra être poursuivi pénalement, tout comme les parents qui lui confient un engin motorisé », a-t-il averti.

Au-delà de cette interdiction, Nongo Bayo a également insisté sur d’autres obligations civiques essentielles, notamment l’immatriculation des engins. Il a rappelé que la mise en circulation d’un véhicule non immatriculé constitue une infraction, tout comme les comportements contribuant à la dégradation des routes.

Cette initiative se veut avant tout un rappel à l’ordre et un appel à la responsabilité collective, dans un contexte où la modernisation des routes doit impérativement s’accompagner d’un respect strict des règles de sécurité, afin de préserver des vies humaines.

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

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