CRIEF : coup de théâtre avec le rabattement du délibéré dans le dossier Diané

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La Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a décidé, ce jeudi 30 avril 2026, de rabattre le délibéré dans l’affaire opposant l’ancien ministre de la Défense à l’État guinéen, représenté par l’Agent judiciaire de l’État. Une décision qui a surpris le prévenu, en détention depuis le 31 mai 2022, et qui attendait d’être fixé sur son sort. Mais, se voulant rassurant, le juge Daye Mara lui a signifié que cette décision s’inscrit dans les « exigences légales ».

S’inscrivant dans la même logique, le procureur spécial a garanti d’emblée au prévenu que tous ses droits seront respectés dans cette procédure.

« Monsieur Diané, le ministère public que nous représentons ici n’a aucune intention de vous humilier. Nous avons du respect pour vous pour avoir été un commis de l’État, et soyez rassuré que votre honneur et votre dignité seront respectés. Nous concourons tous à la manifestation de la vérité. Cependant, nous lutterons contre les délinquants financiers », a déclaré Alphonse Charles Wright, avant d’entamer son interrogatoire.

Nonobstant cela, le magistrat a indiqué, dans les motifs d’appel du parquet qu’il dirige, que la peine prononcée n’a pas été à la hauteur des attentes, tout en précisant qu’il était prêt à soumettre de nouveaux éléments dans la présente procédure.

De son côté, la défense a énuméré plusieurs éléments ayant motivé son appel contre le jugement rendu en première instance. Dans cette décision, Dr Mohamed Diané a été condamné à cinq ans de prison ferme, à une amende de cinq milliards de francs guinéens, au remboursement de 500 milliards de francs guinéens, ainsi qu’à la saisie de ses biens pour des faits de « détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux ».

Les avocats de la défense soutiennent d’abord que leur client n’a pas bénéficié d’un procès juste et équitable. Ils indiquent également que Mohamed Diané avait obtenu un arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO ordonnant sa mise en liberté, décision qui n’a jamais été exécutée.

Ensuite, selon eux, le juge de première instance n’a pas tenu compte des pièces versées au dossier, notamment celles relatives à la déclaration de ses biens. Enfin, ils affirment que, durant toute la procédure, les montants incriminés n’ont jamais été clairement notifiés, à savoir :

cinq cents (500) milliards de francs guinéens ;

onze (11) milliards de francs guinéens dans le marché de commande de véhicules destinés à l’armée.

L’avocat de l’État, pour sa part, évoque comme motif d’appel le fait que le jugement rendu en première instance a exclu la confiscation de certains biens du condamné, faisant allusion à des biens qui seraient au nom de son épouse et de ses enfants, et qui n’ont pas fait l’objet de confiscation au profit de l’État.

Au terme de ces différents exposés liminaires, la parole a été donnée au ministère public pour ses questions au prévenu. Pendant plus d’une demi-heure, le procureur Charles Wright s’est livré à cet exercice, en commençant par interroger Mohamed Diané sur l’acquisition de ses biens depuis son entrée dans la fonction publique jusqu’à ce jour.

N’ayant pas épuisé ses questions, l’affaire a été renvoyée au 7 mai 2026 pour la suite des débats.

 

 

Par ODD, pour Judicalex-gn.org

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